Le Meilleur Disney

Avis sur Merlin l'Enchanteur

Avatar Camden
Critique publiée par le (modifiée le )

Voilà, un titre de critique pas définitif du tout, c'est parfait pour commencer !

>>

Une fois n'est pas coutume, débutons par les personnages :

1. Merlin

Le personnage de Merlin posent trois bases qui aujourd'hui paraissent évidentes :
- Il a redéfini le magicien dans l'imaginaire collectif : tenue bleue et longue barbe. N'importe quel gamin vous dessinera sur simple demande un magicien identique à celui de Merlin l'enchanteur.
- Il a redéfini le rôle du mentor dans le récit initiatique. À partir de Merlin l'enchanteur, le mentor n'est plus mystérieux ou brutal, il devient père de substitution.
- Il a défini une nouvelle forme d'humour Disney par son grain de folie et sa capacité à faire tomber le quatrième mur. Il y notamment tout le jeu sur les anachronismes qui sera également repris plus tard par le Génie d'Aladdin.

Les descendants les plus évidents de Merlin sont bien évidemment Obi-Wan Kenobi et Albus Dumbledore, qui reprennent ces trois attributs (esthétique, statut et caractère).

2. Moustique

On ne bassine pas le petit Arthur avec son statut d'élu et avec des prophéties à la mord-moi le noeud, c'est un gentil garçon lambda et pas un héros. Exit les gosses proprets de Lassie, Rintintin et Flipper : Arthur a des défauts (il n'est pas spécialement beau et parfait de caractère). Il peut servir de réceptacle identificateur unisexe (malgré, hallelujah une vraie voix de garçon - celle de Luke Skywalker excusez du peu) à l'inverse de Peter Pan et Alice qui étaient directement à ranger dans la catégorie "délinquants juvéniles" et qui étaient donc plus difficiles d'accès. Le surnom aide aussi.

3. Mme. Mime

Un bon méchant = un bon film

Voilà une règle de cinéma qui fonctionne à tous les coups. Mme Mime est plus proche de l'institutruce acariâtre que de l'hideuse sorcière. Elle fait peur mais n'est pas terrifiante. Dans la scène final, Merlin ne la tue pas mais la soigne. Quelle bouffée d'air frais dans le dessin animé américain souvent prompt au manichéisme et la réponse disproportionnée (Tarzan, Raiponce, etc.).

4. Archimède

Schtroumpf grognon à plumes - et donc forcément attachant - Archimède est le véritable moteur comique du film. Le doublage français est exceptionnel (Elie Semoun lui a tout piqué). Comment résister à ça : http://www.youtube.com/watch?v=240v-mujepk&feature=related (quand les rôles s'inversent) ?

5. Les seconds rôles

L'occasion pour moi de pointer deux des grandes qualités du film : le doublage français (déjà cité je sais , mais franchement 1000 fois supérieur à la VO) et le character design, plus anguleux qu'à l'accoutumée qui donnent aux personnages beaucoup de personnalité sans tomber dans le cliché et au film, une identité propre.

>>

Passons maintenant au scénario en lui-même. Le scénario suit une trame initiatique on ne peut plus classique et la légende arthurienne est sans doute l'un des thèmes les plus universels. Le film se découpe ensuite globalement selon 3 actes :

1. L'entrainement de Kay et la découverte de Merlin

Truc classique des univers magiques, le merveilleux déboule dans un monde tout à fait rationnel (le château). La scène la plus marquante est celle où Merlin fait ses bagages. Forcément, elle rappelle L'Apprenti sorcier dans Fantasia mais sans l'angoisse permanente (qui a sans doute dissuadé une bonne flopée de gamin de faire des bêtises). L'idée des meubles vivants comme moteur de gags est géniale, elle sera reprise en fil rouge dans La Belle et la Bête.

2. Les transformations

Déjà, il y a prouesse artistique :
- du point de vue technique, les milieux traversés sont très variés (les airs, l'eau) ;
- du point de vue esthétique, les animaux anthropomorphisés parfaitement identifiables sont un tour de force.

Ces vignettes sont de courtes leçons de vie assez matures sur des sujets assez fins : les choix de vie, les incompréhensions de l'amour (comment réagir face à un/une stalker/euse), etc.

3. Le duel final

Nouvel exploit de mise en scène, puisque cette fois il faut gérer une douzaine de métamorphoses. Le duel magique, résolument moderne, est éclipsé par le duel de l'esprit, franchement avant-gardiste. L'intelligence triomphe de la force. Voilà une morale tout à fait satisfaisante, non ?

>>

En général, c'est à ce moment de la critique où je case en vrac ce que je n'ai pas encore pu dire. Dont acte.

On sent que le réalisateur a une vraie tendresse pour ses personnages : lors de la scène finale, Kay et Hector ne sont pas humiliés mais dignes (à ce moment précis, je pense qu'on peut verser sa petite larme). Le thème de destin est estompé par le thème des responsabilités, bien plus intéressant. Le rendu crayonné et le choix d'une palette de couleurs réduite, dans la lignée des 101 dalmatiens, va une fois de plus à l'encontre de la mode de l'époque (qui avait fait quelques ravages - mineurs - dans Cendrillon et Peter Pan). L'univers médiéval décrit est graphiquement réaliste (quoiqu'encore mettre ses mains sur la lame d'une épée sir Hector, est-ce bien raisonnable à votre âge ?). Les musiques sont "haut du panier" (Higitus Figitus aura des rémanences un an plus tard Mary Poppins).

>>

Voilà, si j'ai oublié quelque chose ou dit une connerie, vous me le signalez avec fracas.

En tout cas, tout ça pour dire que si le film ne vous a pas plus, c'est que le problème vient de vous ! :p

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 2110 fois
38 apprécient · 2 n'apprécient pas

Camden a ajouté ce film d'animation à 13 listes Merlin l'Enchanteur

Autres actions de Camden Merlin l'Enchanteur