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Mesrine : 1ère Partie - L'Instinct de mort par Eowyn Cwper

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Après avoir été le parrain de Spaggiari dans Sans arme, ni haine, ni violence chez Rouve, Depardieu se retrouve à parrainer Mesrine chez Richet – cette fois avec armes, haine & violence. Un sacré déferlement des trois, même.

L’ambitieux film en deux parties a vu le jour sous cette forme parce qu’ “on” avait beaucoup à dire, & ce n’est pas le biopic criminel qu’on peut en attendre : Cassel y est cassant, Lellouche y porte bien son nom & le scénario veut que l’on nage dans leurs plus poisseux desseins, quitte à piétiner la part de rêve (notamment celui de la richesse) que le cinéma recherche normalement dans le genre criminel. Le problème, c’est qu’il ne cherche pas forcément autre chose à la place.

Les acteurs jouent tous sur la même longueur d’onde, comme si les intonations racailleuses & rocailleuses de Cassel les avaient ensorcelés & forcés à le suivre dans la même haineuse monotonie. Uniforme dans sa perception du crime, nous propulsant dans un état d’esprit où la réinsertion criminelle fait grincer d’ironie & où la colère devient quasiment un fluide vital, l’œuvre serait dense & solide si elle ne s’adressait pas uniquement à ceux qui savent ce qu’ils vont voir.

Victime du gros biais du all-in publicitaire, L’Instinct de Mort pourrait avoir été dimensionné uniquement pour la sortie en salle tant il est dépourvu de mise dans l’ambiance. Celle-ci mériterait de précéder le visionnage tout comme on le fait naturellement en ALLANT voir un film, ce qu’on ne fait pas du tout dans son home cinema par exemple. De plus, le format mini-série n’est pas non plus prévu pour la télévision.

Est-ce que la narration peut se servir de cette particularité comme excuse ? Difficile. Cinéma ou non, les personnages vont & viennent trop vite, les évènements & les lieux se succèdent littéralement comme si le scénario était encore un brouillon, & parfois ils sont si compressés par le rythme qu’on ne peut s’empêcher de rire au ridicule du raccourci malgré qu’il se produit des drames, souvent même significatifs avec du recul.

C’est dommage pour l’extraordinaire mise en scène, une prose lourde mais discrète qui sait s’adapter, tout en restant fidèle à elle-même, aussi bien à la vie du quotidien qu’à la violence, dynamique partout en proportions mesurées, technique mais pas académique ni démonstrative. Trop préparé peut-être, le film réussit (du moins avec moi) là où ce n’était pas prévu & là où il aurait mérité un petit coup de pouce – le reste, c’est juste… un sacré déferlement.

Quantième Art

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