Putain, 1927.

Avis sur Metropolis

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Impossible de donner une note à ce film. 10/10 au regard de sa date de sortie. 8/10 si on veut faire un classement des oeuvres qu'il faut absolument voir dans sa vie. 3/10 s'il sortait de nos jours. 1/10 pour la richesse des couleurs.

Mais clairement, Metropolis vaut le détour, rien que pour le saut dans le passé (84 ans, rien que ça) qu'il fait faire au spectateur. Et en ça il est incomparable avec quelque film contemporain que ce soit. La narration est pas la même, le jeu des acteurs ne peut pas être appréhendé de la même manière (et pas seulement à cause du mutisme), bref impossible de le comparer à autre chose qu'un film de la même époque.

C'est simple, j'ai été complètement désarçonné pendant la moitié du film parce que je ne retrouvais aucun des codes habituels du cinéma. Par moments je pigeais vraiment rien. Pas parce que c'était nul par rapport à ce qu'on fait de nos jours, loin de là : juste parce que c'était radicalement différent. Ajouté au fait que c'est du muet et donc que l'on compte sur le spectateur pour déduire du jeu des acteurs énormément de choses, c'était pas évident de se mettre dans de bonnes dispositions pour profiter du le film.

Quant à l'environnement... On reste ébahi par les moyens humains, logistiques et financiers colossaux qui ont dû être déployés pour ce film. Et quand on y pense, que Fritz Lang ait su voir venir la robotique, l'I.A., l'urbanisme contemporain (enfin il en était pas si loin), les ordinateurs, la visioconférence, le tout en 1927, y'a quand même de quoi vous foutre sur le cul. Les frères Bogdanoff ne sont certes pas des références mais ils se sont essayés à la prédiction d'avenir y'a 20 ans, il se sont plantés presque toute la ligne. 64 ans auparavant, la vision de Fritz Lang se rapproche bien plus de notre époque.

Enfin, il faut dire que le film ne serait rien sans Marie/L'être-machine (Brigitte Helm). Elle a beau être obligée de surjouer à outrance, la parole lui manquant (mention spéciale aux scènes de fuite qui sont à la limite du ridicule), elle fait passer dans ses expressions et avant tout dans son regard quelque chose à la limite de l'hypnotique, surtout en tant qu'être-machine. La scène de danse et les moments où elle joue de ses sourcils à outrance sont captivants sans qu'on sache se l'expliquer.

Bref, Metropolis était en 1927 un coup de folie incompris, aujourd'hui c'est à la fois un OVNI, un film visionnaire, et une véritable oeuvre d'art. À voir au moins une fois dans sa vie.

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