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Michael Jackson's Journey from Motown to Off the...

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J'aime beaucoup la première image qui nous montre une interview de MJ.
MJ est le sujet, ça donne le ton.
il était important pour moi de commencer par lui.

Ensuite, pas de rétrospective sur la genèse des J5, c'est considéré comme acquis, on démarre de suite à leur explosion.
J'ai d'abord trouvé ça un peu perturbant, puis je me suis dit que c'était raccord avec le sujet "from Motown to OTW", et non "from Gary"
c'est un choix de narration, ça se respecte

ensuite on nous parle chronologiquement de l'essentiel de ce qui se passe à la Motown, sans y trainer.
Etonnamment, Spike Lee s'attarde plus sur la période Gamble and Huff, sans doute parce que ceux-ci sont présents dans le film.
Et on peut dire qu'il sait valoriser les deux bonhommes présentés comme des demis-Dieux vivants.
Ce n'était pas inintéressant cela dit, d'autant qu'en dépit de ce que les brefs morceaux d'interviews audio de MJ veulent nous faire croire, c'est avec eux qui a réellement appris à composer.

Bonne transition pour parler de MJ.
jusque-là, on ne le voit quasiment que par images d'archives, il se fait désirer.
Ce n'est pas une mauvaise idée, et passé la première demi-heure, il gagne en importance.

The wiz est bien mis à l'honneur, juste transition entre Motown et Off the Wall.
Puis arrive la période Off the Wall à proprement parlé, et elle occuper au final plus de la moitié du film me semble-t-il.
C'est à partir de ce moment-là qu'on arrive aux meilleurs passages d'un point de vue technique musicale.
On valorise très bien les chansons, mais cela devient trop académique dans le sens où on les parcourt de la 1 à la 10, les 2 dernières étant bâclées.

La dernière partie du film me semble un peu poussive à cet effet, et j'ai le sentiment que ça commence à se répéter et qu'on retombe dans les banalités et autres superlatifs d'usage.
C'est aussi dans cette dernière partie, lorsqu'on évoque le succès de Off the wall qu'on perd progressivement la participation des intervenants légitimes, ceux qui ont vécu l'ère Off the Wall avec Michael, pour laisser place à quelques artistes en vogue rameutés jute pour tenter d'une part de faire vendre quelques copies du blu ray, et d'autre part pour rappeler que MJ a touché des artistes qui cartonnent aujourd'hui.

Pour ce qui est des passages musicaux, je ne les trouve pour la plupart pas trop longs et plutôt bien choisis à l'exception de dancing machine qui vient illustrer la cassure avec Motown alors que c'est justement un titre qui est venu comme une résurrection inespérée des J5 à l'époque.
Sinon j'ai été émerveillé par les extraits du Triumph tour!
je suis ravi qu'ils n'aient pas choisi des passages du disque qu'on a, la musique me paraissait encore plus puissante et MJ encore plus détonant.
Son énergie et sa danse m'ont subjugué, cela faisait des millénaires que MJ ne m'avait plus mis de la sorte sur orbite, et je ne pensais pas que ça soit encore possible.
j'ai au passage réalisé que certains pas et certaines attitudes scéniques que je croyaient attribuables aux années Bad ont bel et bien été établies par le MJ de 1980.
Cela me conforte dans une idée que MJ avait tout inventé à cette époque, que toutes les bases de son travail scénique en tout point viennent de là.
Je nourris même le sentiment que MJ a atteint un sommet de perfection à tous les niveaux de son art, et que dés l'ère thriller, ce n'était déjà plus pareil.

Je m'égare et reviens au film pour rebondir sur un détail qui m'a passablement déçu: il a fallu que thriller soit évoqué en étant cité à la fin, et que quelques images de cette époque soient utilisées.
Dommage car pour le reste, rien, mais vraiment rien ne témoigne du MJ post 1981 (et à mes yeux la naissance d'un deuxième MJ)
c'eut été plus fort je trouve si l'idée avait été poussée jusqu'au bout.
c'est OTW la vedette que diable!

J'aime beaucoup la dernière image pré-générique, celle d'une interview de MJ de nouveau, où il dit qu'il ne pourra jamais s'arrêter.
Excellente conclusion.
Mais malheureusement, l'auto-récupération de Spike Lee ne se sera pas limitée à deux ou trois de ses rires gratuits, il aura fallu qu'il déballe son Brooklyn au sein même du générique de fin.
Cet hommage organisé peu après le décès de MJ n'avait rien à faire dans le propos du film.
Ca sent le petit plaisir que l'auteur a voulu s'offrir, et ça m'agace.
Tout comme au passage l'effet de she's out of my life qui part en lambeaux à cause des pitreries d'Eddie Murphy elles aussi complètement hors-sujet.
Le fait que ça soit un pote de Mike n'excuse pas tout.

Bref, un film respectable, globalement intéressant, mais qui s'essouffle dans sa forme sur la longueur.
Hélas trop d'interventions dispensables, pas énormément d'originalité mais un très bon playdoyé pour le MJ disco des années 70 et l'album OTW.
Comme beaucoup le comparent instinctivement à bad 25, je dirais de mémoire que ce n'est pas facile de les comparer car le film sur bad ne traitait vraiment que de l'album et non d'une décenie, d'un parcours.
Il faudrait certainement que je revois bad 25 pour trancher, mais à vue d'oeil, les qualités des 2 travaux sont différentes et ça se vaut l'un dans l'autre.
Pour OTW, je n'attendais certainement pas moins, mais pas forcément beaucoup plus au final.

je me demande s'il va faire thriller et dangerous.
j'en doute fort concernant le second cité au regard des motivations de spike lee très attaché à la culture afro-américaine, mais je trouve que faire bad, puis OTW, puis thriller, ça sonnerait un peu désordre.
il aurait mieux valu alors faire le tout chronologiquement

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