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Michael Kohlhaas par Filmosaure

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Comme s’il était encore besoin de le prouver, Mads Mikkelsen est immense dans ce récit d’un homme seul face à une nation entière, demandant réparation. Librement adapté de la nouvelle de Heinrich Von Kleist, Michael Kohlhaas offre un lent mais magnifique voyage dans une France au XVIè siècle qui s’accroche encore à la féodalité du Moyen-Âge.

On ressort complètement bouleversé de ce récit poignant, soufflé par la performance de Mikkelsen qui devrait se disputer la palme de l’interprétation masculine avec Michael Douglas. Une récompense qu’il a pourtant déjà obtenue l’an dernier pour La Chasse. Pourtant, on ne peut dire que Michael Kohlhaas soit un film chargé en émotion, et seul son personnage principal concentre tant d’empathie.

Empathie du fait de son interprétation, mais aussi causée par la nature même de cet homme, dont la droiture et l’intégrité demeurent sans faille. Victime de l’injustice d’un petit seigneur abusant de ses faibles droits féodaux, dans un pays où ceux-ci sont en déclin, il prend les armes et parcourt le pays dans une quête non vengeresse mais réparatrice. Un homme qui sera la proie idéale à tous excès de la part de ses ennemis mais poussant la rigueur sa quête au point de non-retour. Il met un point d’honneur à n’accepter que ce qui lui est dû.

Aujourd’hui encore, Michael Kohlhaas est porteur d’un message sociétal extrêmement fort. Situé à l’aube de la Renaissance, il est symbolique d’une époque qui verra apparaître les premiers balbutiements révolutionnaires sous formes de révoltes paysannes. C’est un récit de soulèvement contre l’abus de pouvoir et le système basé sur les privilèges de naissance.

Arnaud Des Pallières filme une France imparfaite, sale, conférant à son oeuvre un réalisme qui ne sera pas cannibalisé par l’obsession du costume ou de la reconstitution. Il traite également de la violence sans provocation gratuite visant à choquer ou émouvoir. L’on pourra le trouver un peu long, et il gagnerait à être raccourci d’une vingtaine de minutes, mais son aspect contemplatif, nourri de paysages sereins, est également ce qui provoque, par contraste, la force de son dénouement.

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