Un cauchemar ensoleillé

Avis sur Midsommar

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*Midsommar*, deuxième long-métrage du jeune cinéaste Ari Aster, nous offre un conte ensoleillé aux tons pourtant sombres, formant une étrange union entre le rêve et le cauchemar. Il narre en effet l’histoire de Dani, qui suite à un évènement tragique, se retrouve embarquée dans un voyage direction la Suède pour un festival tout particulier, accompagnée de son petit-ami Christian et des amis de ce dernier. Distribué par la société de production et distribution A24, *Midsommar* affirme la volonté du studio d’offrir une nouvelle voie aux films d’horreur, mélangeant de ce fait cinéma de genre et film d’auteur. En effet, ayant déjà produit et/ou distribué des films tels que *The Witch* (R. Eggers, 2015), *Hérédité* (A. Aster, 2018) ou encore *It comes at night* (T.E. Shults, 2017), la société A24 affirme le fait que le genre horrifique des années 2010 peut offrir des œuvres différentes de la majorité des productions de films fantastiques ou d’horreur de notre époque, proposant de ce fait une nouvelle vision du genre. Chez des cinéastes comme Aster ou Eggers, l’horreur est moins là pour faire ‘’peur’’, qu’un simple moyen de creuser des thématiques universelles, espérant stimuler les sens de son spectateur, et en injectant en lui un sentiment de malaise. Ainsi, *Midsommar* bouscule, tant par sa forme, à la fois froide et viscérale, que par les nombreux questionnements que soulève le réalisateur. Le deuil, la séparation du couple, la tentation sexuelle, la peur de l’abandon, ne plus se sentir à sa place, le mépris envers des cultures et croyances différentes, se mélangent à ce trip horrifique, prenant place lors d’un solstice d’été, organisé par une communauté sectaire définie par leur croyance en des rites ancestraux. En effet, placer de tels questionnements dans ce contexte particulier, et de les inscrire dans un film dit d’horreur, permet de mettre plusieurs éléments en lumière de façon plus au moins implicite, notamment la question de la peur anthropologique de ce qui est différent de nous. La secte, au premier abord, peut être définie comme l’antagoniste du film, en outre elle est censée être la représentation du mal, lieu commun des films d’horreur. Mais chez Aster, cela est bien plus compliqué. Elle n’est, dans le fond, aucunement quelque chose de négatif, elle n’est d’ailleurs pas plus qu’une communauté aux croyances étrangères aux nôtres, et donc moins une ‘’secte’’. Si certains voient dans celle-ci uniquement une communauté sectaire qui ne tend qu’à profiter de la faiblesse de la jeune Dani, elle n’est peut-être en vérité pour cette dernière, qu’une opportunité à saisir afin de découvrir la vie sous un angle différent et de découvrir la lumière après tant de temps dans l’obscurité. *Midsommar* touche du doigt des peurs universelles et bel et bien tangibles, entraînant tout spectateur réceptif dans un voyage qu’il n’est pas prêt d’oublier.

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