Over the Rainbow

Avis sur Midsommar

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Avertissement : Le contenu de certains liens hypertextes est susceptible de déclencher des crises chez les personnes faisant de l'épilepsie photosensible ; d'éventuellement heurter leur sensibilité ; de divulguer des éléments disparates du long-métrage—et ce, au même titre que le texte en lui-même. Lectorat averti uniquement.

Avant-propos : le cinématographe repose sur le principe fondateur de l'illusion d'optique provoquée par la rétroprojection de lumière, à travers des images défilant sur pellicule, en direction d'une surface claire dans une chambre obscurcie.

I see the girls walk by dressed in their summer clothes
I have to turn my head until my darkness goes

La lumière que nos sens perçoivent n'est qu'un fragment infime de la somme totale des longueurs d'onde. Elle peut être « monochromatique », soit être constituée d'une seule longueur d'onde ; elle peut être « composée », soit être constituée de plusieurs longueurs d'onde—les longueurs d'onde sont la constituante des couleurs ; de notre perception des couleurs.

Autrement dit, nos yeux ne perçoivent qu'une infime partie des « couleurs » que le monde est en mesure d'« irradier ».

Les couleurs primaires d'un mode de perception colorimétrique se fondent sur l'association de trois couleurs, dont les synthèses permettent l'obtention de toute autre couleur du spectre visible. Les couleurs secondaires d'un mode colorimétrique sont obtenues par la synthèse en proportions égales de deux des trois couleurs primaires de ce même mode. Enfin, les couleurs tertiaires sont obtenues par la synthèse en proportions égales d'une couleur primaire et d'une couleur secondaire.

Autrement dit, une seule couleur primaire par ses possibles « mélanges », ainsi que les « mélanges » de ses « mélanges », et cetera, contient potentiellement toutes les couleurs visibles du spectre de la lumière.

Les couleurs primaires d'un mode colorimétrique définissent la nature constituante de ses synthèses : soit additive ; soit soustractive.

La synthèse additive est le phénomène de composition d'une couleur par addition de lumière. Elle se fonde sur la convergence de faisceaux réfléchissant la lumière sur une surface donnée ; sa constituante initiale est l'onde.

Autrement dit, elle est fluide.

Chaque synthèse additive enfante une couleur secondaire plus claire que les couleurs primaires dont elle est issue. Aussi, une absence de couleur signifie l'obscurité uniforme.

Par exemple, lorsque j'allume une ou plusieurs lampes dans un espace sombre, leur lueur dissipe tout ou partie de l'obscurité ambiante.

À l'inverse, la synthèse soustractive est le phénomène de composition d'une couleur par soustraction de lumière. Elle se fonde sur la convergence de pigments absorbant la lumière sur une surface donnée ; sa constituante initiale est la matière.

Autrement dit, elle est compacte.

Chaque synthèse soustractive enfante une couleur secondaire plus obscure que les couleurs primaires dont elle est issue. Aussi, une absence de couleur signifie la clarté uniforme.

Par exemple, lorsque j'applique de la peinture sur une toile vierge, ses pigments opacifient tout ou partie de la surface d'origine.

Les couleurs primaires d'un mode de synthèse soustractive sont les couleurs secondaires d'un mode de synthèse additive, et inversement. Elles se répondent mutuellement, elles se redéfinissent indéfiniment.

Deux couleurs sont complémentaires lorsque leurs synthèses et additive et soustractive génèrent respectivement du blanc et du noir. La roue chromatique facilite en ce sens l'identification de leur couple : les couleurs complémentaires s'y font face, selon une symétrie centrale.

I have only one burning desire
Let me stand next to your fire

L'œil humain est à la surface de sa rétine tapissé de « cônes », sensibles à la couleur ; et de « bâtonnets », sensibles à la luminosité. À ce dernier titre, la sensibilité accrue des bâtonnets en comparaison de celle plus réduite des cônes constituent la cause de notre faible distinction des couleurs dans les environnements présentant une faible luminosité.

Autrement dit, l'obscurité estompe les distinctions ; et la lumière les suscite—dans l'esprit humain, par l'intermédiaire de son organe sensoriel.

Qui plus est, la zone centrale de la rétine ne comporte aucun bâtonnets, aussi pour distinguer les objets sous un faible éclairage, notre regard se voit obligé de balayer notre champ visuel afin d'exposer les cônes de la périphérie de notre rétine au plus de lumière possible.

À cet effet, l’œil dispose d'une autre capacité : la mydriase, soit la dilatation de la pupille—auquel, lors du cas inverse -soit un environnement présentant une forte luminosité-, répond la capacité contraire qu'est la myosis, soit la rétraction de la pupille.

Ces capacités constituent donc notre réceptivité à la lumière, notre attention accordée au monde. Il s'agit cependant du même mouvement tout simplement observé selon deux points de vue différents.

L'environnement est l'« instrument » diffusant la lumière du sujet distinct qu'est une note, un morceau ou un recueil entier de musique ; la caisse de résonance est l'ensemble de « cônes » et de « bâtonnets » faisant office de tampon acoustique avec la surface de notre esprit ; ce dernier nous confiant la « vision » effective des signaux sonores.

Dans le cas de la pratique d'une guitare sèche, ses cordes seraient la partition vierge, nos mains la composition ; l'improvisation, et sa caisse de résonance l'exécution ; l'interprétation.

Reformulons plutôt.

Il existe dans le cadre optique, trois types d'objet, ou phénomène : émetteur, soit par exemple une étoile émettant donc d'elle-même de la lumière ; réflecteur, soit par exemple un corps -animal, végétal ou minéral, etc- dont la surface réfléchit tout ou partie de la lumière ; et transmetteur, soit par exemple une vitre dont la transparence permet à la lumière d'en traverser le filtre matériel et d'être ainsi plus ou moins fidèlement retransmis à notre œil—ou exemple autrement plus simple et évident : la cornée de ce dernier.

Autrement dit, une étoile émet de la lumière ; lumière qu'un corps absorbe d'une part, et réfléchit d'autre part ; avant que notre cornée ne transmette à nos nerfs optiques les longueurs d'onde réfléchies.

De plus, un objet réflecteur présentera une coloration différente selon qu'il sera éclairé par la lumière complète d'un environnement diurne ; ou par les lumières -naturellement ; artificiellement- monochromatiques ou composées d'un environnement nocturne.

L'obscurité estompe les distinctions.
La nuit américaine se fait soustractive.

Come on baby, light my fire
Try to set the night on fire

C'est donc à partir de maintenant que tout se dégrade.

Merde.

Comme précédemment souligné, répété et reformulé, la lumière globale de notre environnement constitue nos perceptions ; ce que l'on pense percevoir de couleurs—mais l'influence de notre environnement lui-même ne s'arrête pas là : ses variations de lumière internes, en d'autres mots les variations internes de ses longueur d'ondes et de leur intensité, sont également en capacité de brouiller nos perceptions.

C'est ce que l'on nomme « contraste ».

Par exemple, le contraste de luminosité nous fait percevoir une même couleur plus claire qu'elle ne l'est dans un environnement sombre ; et plus sombre qu'elle ne l'est dans un environnement clair.

À ce titre, si les anneaux de Koffka développent par l'abstrait les ramifications de ce principe optique ; l'échiquier d'Adelson en illustre pour sa part à merveille l'une des applications concrètes.

Le contraste de saturation quant à lui peut nous faire percevoir une même couleur plus « vive », plus intense qu'elle ne l'est, lorsqu'elle se concentre au sein d'un environnement terne, pâle ; et plus fade qu'elle ne l'est, plus effacée lorsqu'elle se « dilue » au cœur d'un environnement saturé par une couleur analogue.

Notons que deux couleurs sont considérées analogues lorsqu'elles sont à proximité l'une de l'autre sur la roue chromatique.

Pause.

(...)

Le contraste de teinte, lui, nous fait percevoir une même couleur plus froide encore qu'elle ne l'est dans un environnement composé d'une couleur analogue plus chaude ; et plus chaude encore qu'elle ne l'est dans un environnement composé d'une couleur analogue plus froide.

Le contraste de complémentarité -présent, en principe, à divers degrés dans les contrastes précédemment cités- appelle les couleur, luminosité, saturation et teinte complémentaires des couleur, luminosité, saturation et teinte générales de son environnement proche à se manifester sensoriellement dans un sujet neutre ou analoguement complémentaire au sein du dit-environnement, constituant en définitive ce que l'on nomme « contraste simultané »—illustré par certaines illusions de Munker-White.

Pardon ?

Enfin, à ces phénomènes s'ajoutent d'une part relativement moindre, les corps flottants également nommés « myodésopsie » ; d'autre part plus conséquente, les troubles de la vision : incapacités visuelles plus ou moins importantes causées par une maladie, un traumatisme, l'absorption de certains corps étrangers aux propriétés manifestement stupéfiantes ou par des conditions congénitales, brutales ou progressives.

Autant de daltonismes, cécité, myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie, achromatopsie, héméralopie, etc, susceptibles de faire éclore en nous une nausée existentielle, induisant la volatilisation de notre proprioception telle que nous nous la concevions.

Or ce n'est qu'avec l'expérience que notre cognition devient capable de concevoir la coloration « complète », la nature complète d'un sujet donné à partir de sa seule exposition à une lumière « partielle » ; un environnement « partial »—à partir de sa vision partiale.

La lumière suscite les distinctions.
La journée scandinave devient additive.

À moins que...

You're just too good to be true
Can't take my eyes off you

La couleur n'est pas une caractéristique propre d'un sujet.
Elle dépend de la lumière l'exposant ; de l'obscurité l'abritant.

La perception formelle d'un sujet s'opère donc par des rapports environnementaux.

Quelles sont alors les corps, maux, malaise(s), traumatisme(s), conditions préexistantes, brutales ou progressives ayant incapacité ; incapacitant notre vision du monde ?

Qu'ont rituellement -soit périodiquement ; ponctuellement- sacrifié les ensembles environnementaux parmi lesquels tu as évolué, au sein desquels tu as vécu et vis actuellement ?

Qu'ont rituellement sacrifié ces ensembles environnementaux sur l'autel de quelle(s) valeur(s) sacrée(s), sacralisée(s), sur l'autel de quel système de valeurs éthiques ; morales ?

Qu'ont rituellement sacrifié ces ensembles sur cet autel au nom de quelle(s) abstraction(s) institutionnalisée(s) ou entité(s) sanctifiée(s), héroïsée(s), déifiée(s) ?—autrement dit glorifiée(s), idéalisée(s), figée(s) ? Soit, pour ainsi dire : illusoire(s).

Qu'as-tu rituellement sacrifié sur l'autel de quelle(s) valeur(s), de quel système de valeurs, au nom de quelle(s) abstraction(s) ou entité(s) ?

Qu'avons-nous rituellement sacrifié pour quelle(s) justification(s) logique(s) établie(s) sur la base spéculative de quelle(s) perception(s) illusoire(s) ? Et quel(s) (sacrifice(s)) rituel(s) avons-nous de notre propre fait bafoué vis à vis de notre éthique ?

Quelles sont nos couleurs primaires ?—Quels sont nos modes de perception ? Quelles sont leurs éventuelles cécités ? Quels furent leurs éventuels troubles ; illusions (psychologiques) ?

Et, dans ces cadres de figure—quid des couleurs fondamentales ?

Elles sont tout simplement les sept membres de la gamme musicale d'un arc-en-ciel. (Quoiqu'on puisse pertinemment argumenter que leur nombre importe peu.) Or un arc-en-ciel, quelle qu'en soit notre perception ou notre absence de perception, demeure un arc-en-ciel.

Il fut, est et sera en tout point un phénomène optique—et plus particulièrement, le phénomène de réfraction, réflexion puis dispersion des longueurs d'onde de la lumière d'une étoile à travers -entre autres ; et dans le cas terrestre- un « mur » formé par les particules d'eau des précipitations d'une dépression atmosphérique.

Par ailleurs, nulle personne ne perçoit simultanément le même arc-en-ciel qu'une autre personne : nul ne se confondant littéralement dans le même centre de perceptions physique ; le même point de vue concret—le même corps. Nul ne pouvant se confondre dans le même espace qu'occupe simultanément une autre entité qu'elle.

De facto, une personne donnée et une personne lui étant concomitante percevront donc des arcs-en-ciel concomitants : ils se juxtaposeront ; ils se corréleront. Seul le principe commun demeure.

En conclusion, un arc-en-ciel se constitue donc par la dispersion de la lumière dans un mur d'eau. Et en définitive, un arc-en-ciel n'est pas, et n'a jamais été ; il advient, il devient.

Il devint, devient et deviendra en tout point un cercle optique.

I can see
My rainbow calling me
Through the misty breeze
Of my waterfall

Quelque part entre nos longueurs d'onde respectives, par delà l'expérience de leur divergence, rayonne alors à l'insu de notre sens, parmi la panoplie sphérique de ces tons, ces regards ; de ces effrois ; de ces larmes, ces moues puis ce sourire...

... l'évidence intuitive des couleurs intimes de Dani Ardor.

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