Drame humain de Bruce Beresford avec le trio Morgan Freeman-Jessica Tandy-Dan Akroyd

Avis sur Miss Daisy et son chauffeur

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Dans la veine de l’océanique « Grand bleu » de Luc Besson, « Miss Daisy et son chauffeur » clôt mon Cycle Cannes 2018 entamé par « Rashômon ». Pouh ! J’en ai vu passer des frissons… et des regards furieux de miss Daisy ! Synopsis : dans les années 1950, miss Daisy, une vieille institutrice juive à la retraite se retrouve dans l’incapacité de conduire. Son fils va engager un chauffeur, un homme d’une cinquantaine d’années, noir et chrétien… . Sur une trame assez convenue et sans apporter une réelle profondeur au ségrégationnisme ambiant (on ne fait qu’effleurer le sujet en parlant de la lutte contre l’Apartheid de Martin Luther King et en évoquant un attentat terroriste), le réalisateur Bruce Beresford brode une toile où le sentimentalisme domine tant dans les personnages (dame -ex-institutrice- juive respectable, chauffeur noir analphabète, fils de bonne famille bien éduqué) que dans les dialogues tous tissés et troussés avec des gants blancs. Heureusement que la musique d’Hans Zimmer (qui a déjà composé les thèmes de « My beautiful laundrette » et « Rain man » avant « Miss Daisy… »), lancinante, colorée et mélancolique comble les lacunes d’une mise en scène beaucoup trop classique. En cela, le réalisateur de « Tendre bonheur » (son premier film américain avec Robert Duvall dans le rôle-titre) et de « Evelyn » ne parvient pas à capter son auditoire dans ce drame humain ponctué d’un montage aléatoire et donc d’une mise en scène beaucoup trop poussive. Ce qui remonte allègrement le film, c’est bien entendu le casting trois étoiles élégamment mis en avant. Avec le trio Morgan Freeman-Jessica Tandy-Dan Akroyd, on ne s’ennuie pas une seconde. D’autant qu’ils arrivent, grâce à leurs interprétations, à nous faire retransmettre une part d’humanité. Bonne pioche Bruce ! Avec une élégance inopinée et un charme bon enfant, Morgan Freeman (à 52 ans !) dans le rôle du chauffeur, impose sa force tranquille : son charisme. Un beau jeu tout en douceur qui le fera reconnaître internationalement par ce rôle tout juste après sa révélation dans « La rue ». Il recevra l’Oscar du meilleur second rôle pour « Million dollar baby ». A ses côtés, Jessica Tandy, l’institutrice à la retraite, acariâtre à souhait fait mouche et sans retenue arrive à s’imposer face à Morgan Freeman, formant avec lui un duo attachant et humain, digne des plus grands. Merci Miss Tandy (« Les oiseaux », « Cocoon », « Un homme presque parfait » de Robert Benton) ! Décédée aujourd’hui, elle avait 79 ans sur le tournage. Dan Akroyd, qui joue le fils de bonne famille, apporte ce côté calme et fédérateur du duo Freeman/Tandy. Un ‘blues brother’ serein pour reformuler. Un casting irréprochable donc et admirablement bien maîtrisé. Merci Monsieur le réalisateur ! Pour conclure, « Driving Miss Daisy »(1989) est un film portant de belles valeurs : l’amitié, le partage et la liberté. Devant une telle ode à l’humanité, comment ne pas féliciter Bruce Beresford de s’en sortir avec les honneurs par ce drame humain ? Bravo et que tous les taximen connaissent tes métrages. 2 étoiles sur 4. Un petit classique à l’américaine. Spectateurs, si la solitude vous guette, alors Morgan Freeman apparaîtra un jour dans vos rêves …les plus fous ! A noter : « Miss Daisy et son chauffeur » a remporté neuf prix en 1990 dont quatre Oscars (film, actrice, scénario, maquillages) et trois Golden Globes (comédie, actrice, acteur).

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