Une (bonne) mission de routine

Avis sur Mission : Impossible - Rogue Nation

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Toute la difficulté d'une saga est d'arriver à respecter ses fondations tout en se renouvelant à chaque films. La difficulté est d'arriver à se forger sa propre identité tout en demeurant cohérent avec ce qui précédait. À mes yeux, cela a longtemps été un problème pour la saga Mission: Impossible. Malgré des choix audacieux à la mise en scène, il n'était pas aisé de définir l'esprit M:I. La saga James Bond répond à une évolution qui se fait par cycle, chaque acteur représentant une tonalité.
Si Mission: Impossible a conservé le même acteur (Tom Cruise) pour son héros, à savoir Ethan Hunt, le définir restait une grosse difficulté. L'homme froid et cérébral du premier volet? Le héros d'action enflammé du second? Le futur marié très émotif du troisième? Chaque épisode portait la marque de ses réalisateurs, c'est certain.
Mais ça devient problématique si le personnage principal ne se ressemble absolument pas d'un film à l'autre. Il a fallu attendre l'excellent Ghost Protocol pour que Ethan Hunt (re)trouve une certaine cohérence. À la fois chef d'équipe, homme d'action et homme tout simplement. Le quatrième volet a su revitaliser la franchise grâce à la mise en scène très inspirée de Brad Bird (généreuse en séquences fortes), un script plutôt solide et un esprit d'équipe concret (chose occultée dans le 2ème et un peu moins dans le troisième). Le cinquième opus devait donc confirmer ce retour en bonne grâce. Apparemment conquis par Christopher McQuarrie sur le tournage de Jack Reacher, Tom Cruise (emblème et producteur de la saga) lui offre les commandes de Rogue Nation.
Car cette fois, c'est à un organisme anti-Mission:Impossible, baptisé le Syndicat, que se retrouvent confrontés Hunt et sa bande. Désavoués par leur hiérarchie, qui démantèle leur agence, nos héros sont seuls face à leur ex-partenaires et un ennemi invisible qui utilise les mêmes méthodes qu'eux. À qui faut-il se fier? De qui faut-il se méfier? C'est un dilemme que Hunt connait. Mais à ce jeu-là, même lui pourrait se faire doubler.
Christopher McQuarrie se pose en suite directe de Ghost Protocol, la plupart des personnages principaux faisant leur retour (Simon Pegg, Jeremy Renner en plus de Cruise). De plus, on retrouve ce cocktail exposition/action agrémenté d'humour qui faisait le sel du précédent. Et pour ce qui est de l'action, McQuarrie maîtrise plutôt bien. La scène de l'opéra est un modèle de crescendo et la poursuite en moto est très bonne (la vitesse est palpable). Mais la vraie trouvaille de Rogue Notion, c'est le personnage d'IIsa Faust. Sorte de pendant féminin à Ethan Hunt, Rebecca Ferguson explose de charme et de magnétisme. Tant et si bien qu'elle éclipse presque tout le reste de la distribution.
Cruise est égal à lui-même en Hunt. Sean Harris compose un méchant correct mais le script ne lui offre pas beaucoup de relief (ses motivations demeurent assez basiques). Simon Pegg assure toujours au rayon fantaisie. Et dans le rôle du directeur de la CIA, Alec Baldwin est royal comme toujours.
Malheureusement, Jeremy Renner est cette fois-ci sous-employé, tout comme Ving Rhames, d'ailleurs plus très crédible. Le cahier des charges est rempli, mais il est dommage qu'un manque de surprises se fasse ressentir. C'est d'autant plus malheureux vu ce que cet organisme anti-MI (le Syndicat) offrait comme perspectives. Et le rythme effréné de l'ensemble empêche le film de bâtir sa propre personnalité. On est sur un terrain familier et McQuarrie ne semble pas vouloir en dévier. Tant pis, car le scénario avait les bases pour construire quelque chose de plus personnel. Cela reste un divertissement recommandable, à défaut d'être aussi inspiré et inspirant que le furent le premier et quatrième volet.

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