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Avis sur Mon fils

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Un programme de rapprochement entre jeunes juifs et arabes dans l’Israël d’entre 1988 et 92 permet un jeune Palestinien d’intégrer une prestigieuse université de Jérusalem. Malgré la difficulté d’être le seul Arabe, il brille dans ses études, assimile la froideur chaleureuse des copains, partage l’amour sincère d’une Israélienne, et surtout l’amitié d’un handicapé juif de son âge. L’affinité de ces deux monstres de foire qui se ressemblent physiquement s’intensifiant, il finit par vivre chez son ami et sa mère, qui l’aime bientôt comme un autre fils.
Cette comédie humaine Israélienne nous transporte sous deux formes. D’abord par la dualité politico-religieuse quotidienne, omniprésente, grave ou anodine mais toujours menaçante, et source de paradoxes chroniques. Celui des vocations et des espoirs communs des jeunes, hélas noyés par leur fossé conceptuel, les vociférations parentales durant la 1ère guerre du Golfe, et la désespérante ségrégation. Et celui aussi des événements de chaque jour gravant l’histoire funeste malgré le bain de vaines bonnes paroles et intentions des protagonistes.
Le second cœur du film rythme l’impressionnante et presque inquiétante progression du héros, passant insolemment de l’amateurisme à la diction douteuse du début à une remarquable maitrise de la culture de ses hôtes, exploitant jusqu’aux humours déplacés, les complexes et fiertés de chacun. Après l’inoubliable Les citronniers, Eran Riklis nous méduse d’effroi, nous suggère les enjeux par les scènes et les silences plus que par le dialogue, et nous bouleverse d’émotions par la conquête insolite d’une identité.

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