Mon roi, mon tyran, mon amour.

Avis sur Mon roi

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Maïwenn a toujours eu ce petit... je ne sais quoi d'exquis et de vibrant quant à la retranscription des passions humaines violentes et dévastatrices. Ces passions qui vous emportent, qui vous submergent et qui vous dévorent.
J'ai beaucoup hésité à faire cette critique. Je ne trouvais pas les mots. Je ne savais pas quoi penser. J'avais besoin de recul. Ce film oscillait dans mon esprit entre too much et génie. Cependant, une chose est indéniable c'est un bon film, un très bon film. Après le génie de Polisse, il est vrai que nous ne pouvions attendre ce film qu'avec impatience et exaltation.
L'histoire est bateau : une femme normale, avec ses faiblesses et ses forces, vit un amour plus grand que ce qu'elle n'aurait pu imaginer sauf que c'est un gros con. La vie de beaucoup de femmes en soi.
Sauf que c'est bien plus compliqué que cela. Emmanuelle Bercot campe le rôle de Tony, la femme un peu banale : jolie mais sans plus, intelligente, drôle mais sans être une séductrice dans l'âme. Puis Tony rencontre Georgio. Georgio c'est l'Homme avec un grand H, Georgio lui fait goûter les plaisirs, Georgio la fait vivre, Georgio la fait vibrer. Georgio est une renaissance. Georgio la fait vivre. Mais Georgio la tue aussi, il la bouffe, la dévore, l'affaiblit, prend toute la place. Mon Roi, c'est l'histoire d'un Nous qui se complète pour au final ne devenir qu'un Tu destructeur. Le Tu qui vous prend tout, toute entière. Tony se meurt, Tony ne vit plus, Tony ne survit que pour et par Georgio. La passion est un feu, le feu la dévore. Mon Roi, celui qu'elle aime, devient alors mon Tyran. Il faut le porter, il faut le supporter. Tout tourne autour de lui.
Vincent Cassel semble faire du Vincent Cassel, je pensais qu'il faisait du Vincent Cassel, mais avec du recul et un deuxième visionnage Cassel devient Georgio. Cassel nous fait mal avec ses yeux bleus et sa gueule marquée. Cassel n'est plus, Bercot n'est plus. Il n'y a que Tony et Georgio. Puis Georgio et Tony. Puis Georgio pour Tony.
Bien sûr, il faut remarquer la performence de Louis Garrel en Solal, frère de Tony, excellent reflet de la douleur de sa soeur. Solal impuissant qui assiste à la chute. Solal toujours là, Solal qui hait Georgio car il sent le danger imminent que représente cet homme envoutant.
En regardant Mon Roi, vous ne voyez pas les passions. Vous les vivez. Vous êtes cette femme heureuse puis cette femme qui souffre. Cette femme qui se perd mais qui quelque part reste elle-même : affrontant la vie dans son perfecto turquoise, essayant de se relever de chaque douleur, chaque humiliation.

Mon Roi c'est un perfecto bleu turquoise, beaucoup d'amour et de haine. Mon Roi c'est la vie qui vous submerge de plein fouet sous l'égide de Maïwenn.

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