RIVALITE DESIR ESPOIR

Avis sur Mon roi

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MON ROI De Maïween

9/10

Synopsis : Tony une jeune avocate est admise dans un centre de rééducation après une grave chute de ski. Elle devient alors dépendante du personnel médical et des antidouleurs. Elle prend donc le temps de se remémorer l’histoire tumultueuse qu’elle a vécue avec Georgio. Pourquoi se sont-ils aimés ? Pourquoi se sont t-il détestés ? Qui est l’homme qu’elle a réellement adoré ? Comment a-t-elle pu se soumettre à une passion destructrice ? …

Mon Roi est sorti sur les écrans en Octobre 2015. Il a été sélectionné au Festival de Cannes et l’actrice Emmanuelle Bercot repart avec le prix de la meilleure actrice (ex equao avec Rooney Mara pour Carol). Le prix est amplement mérité dans le sens ou Bercot nous livre une performance exceptionnelle.
Ca faisait bien longtemps que je ne n’avais pas pleuré au cinéma !
La réalisatrice Maïween est depuis quelques films en train de s’affirmer dans le milieu cinématographique. Avec Mon Roi elle laisse de côté l’originalité (Le bal des actrices), les univers de l’ordinaire (Polisse). Ici elle accorde une vision de cœur, de justice d’humanité, de passion amoureuse.
La bande annonce laissait croire au spectateur que dans le film il y aurait des évènements hors du commun comme un crime ou des situations inédites. En voyant l’affiche je me suis demandé pourquoi Vincent Cassel mord Emmanuelle Bercot en lui faisant un baiser.
Ici la question du couple importe et non une idée de sexisme ! Cette idée de sexisme a été inventé par des critiques de films qui pensent que une histoire comme celle évoquée dans le film ne peut jamais arriver. Alors que si, on sent bien au niveau des idées qu’il y a une part de vécu dans ce film.
Maurice Pialat, Abdelatif Kechiche semblent être des exemples pour la réalisatrice, car elle traque les instants de vérité, un amour naissant, qui rompt, se dénoue, se renoue, se déchire… Maïween obtient de ces comédiens une grande authenticité dans leurs émotions et c’est cela qu’elle convoite.
Vincent Cassel ravage tout sur son passage, violent, vrai il offre une interprétation sombre et incontrôlée. Emmanuelle Bercot quand a elle exprime un certain enthousiasme et une confiance qui au fil du film se dissout.
Rire, danser, vivre sa vie sont certaines idées exploités ici et ça rend le film d’une authenticité rare qui vient en écho avec un présent de narration qui est très attachant même si il se répète : dans le centre de rééducation la femme répare ses blessures physiques et morales qui sont douloureuses. Mais réussit quand même à se faire des amis, une bande de jeune (Nabil Kechouem, Norman Thavaud, Amanda Added…) eux aussi dans la clinique qu’elle n’aurait jamais fréquenté autrement et qui parviennent a lui redonner goût à la vie.
Maïween ne fait jamais des scénarios dans la dentelle ou tout se passe très bien : il faut des situations extrêmes, des vies brisées et tout cela je pense pour faire écho à ses propres démons. Comme son mariage avec Luc Besson ou sa passion amoureuse et douloureuse avec Joeystarr…
Mais à trop vouloir fouiller dans son passé, dans la déchirure, dans la souffrance des sentiments on risquerait de voir le film tomber dans le grotesque. Mais non et c’est là que on voit le génie de Maïween car elle réussit à faire prendre une décision au spectateur sur quel camps il doit choisir. Celui de la femme qui subit ou celui de l’homme violent et sans gêne. Moi je prend le parti féminin car c’est celui qui ramène le plus vers notre propre vie.
La scène de crise d’hystérie de Toni face aux amis de son mari plong les comédiens mais aussi le public dans un embarras profond. Mais le spectateur a une longueur d’avance et sait pourquoi cette femme pète littéralement un câble. L
Le film se répète un peu par moments, il est composé de quelques longueurs mais en aucun cas le spectateur ne s’ennuie, la gestion des ellipses narratives est très convaincante.
Maïween est en train de se faire un grand nom dans le monde du cinéma. Certes elle n’est pas encore dans la cour des grands mais ça ne devrait trop tarder. Et a l’image de Xavier Dolan, Maïween s’attache et peut irriter, faire rire ou émouvoir celui qui regarde. Une vérité brute réside dans les idées mais c’est grâce a cela que Maïween est une réalisatrice et actrice authentique.

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