Une oeuvre spectrale qui nous laisse sur notre faim

Avis sur Mort à Venise

Avatar Stéphane Lefèvre
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J'ai découvert Visconti avec Mort à Venise. Oui, avant même de me plonger dans l'inévitable Le Guépard. Le moins que je puisse dire c'est que la déception a été au rendez-vous.

Les thèmes abordés par le film sont universels et intemporels : l'amour impossible, la vieillesse, la maladie, la fascination pour le beau, l'attrait pour l'interdit... Tout cela est traité avec subtilité et avec beaucoup de hauteur de vue dans Mort à Venise. Trop de hauteur justement... Tout est évoqué, symbolisé, touché du doigt... Mais à aucun moment, Viscontini ne semble prendre partie dans son film, restant lui-même spectateur de la décadence de ce vieillard et de son obsession pour un jeune éphèbe polonais.

Les dialogues sont réduits à peau de chagrin, les interactions entre personnages sont plus que limitées, certains scènes s'éternisent jusqu’à l'excès (celle où les musiciens viennent jouer à l'hôtel est en ce sens caricaturale). Le film manque de souffle et de rythme. Inévitablement vient poindre l'ennui. D'autant plus que la photographie, sans être laide, n'a rien d'exceptionnelle la plupart du temps.

Le film se termine toutefois sur une très belle scène, qui, malgré un rythme tout aussi lent que le reste du film, vient mettre en exergue la vacuité de nos existences et l'inéluctable déliquescence de l'homme. Elle justifie à elle seul de prendre son courage à deux mains et d'aller jusqu'au bout de cette oeuvre très particulière, à la fois contemplative, mélancolique et très détachée.

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