Par la carotte est mû l'âne...

Avis sur Mulan

Avatar Apostille
Critique publiée par le

Le dessin animé de la souris milliardaire possédait quelques qualités, nonobstant la mièvrerie coutumière de Disney qui gâchait un peu ce voyage dans l'empire du milieu. Mais industrie cinématographique en panne d'inspiration oblige, en particulier dans la firme de la souris devenue obèse, les têtes pensantes se sont dit que c'est une riche idée de recycler en film l'animé.
Autant le dessin peut faire accepter une certaine naïveté dans le propos, autant des acteurs dans un monde "réaliste" peinent à rendre crédible un récit cousu de fil blanc (en soie de Chine, naturellement).

C'est ainsi que Mulan, incarnée par une actrice motivée et plutôt talentueuse, se retrouve écartelée entre la tradition orientale chinoise et les bons sentiments que la firme coprophage nous vend par bidons de 100 litres. Afin de rentabiliser l'investissement et servir de la mièvrerie qui plaît au plus grand nombre, faut du politiquement correct à fond. Alors oui, on tourne en Chine car ça fait plus typique (on va pas s'enquiquiner par contre avec les droits de l'homme des minorités ethniques vu que ce pays de sincère pensée communiste libérale va devenir le maître du monde sous peu), on retient des archétypes bien lourds afin que même les décérébrés occidentaux comprennent bien les enjeux :
-très méchants habillés en noir sur des gros chevaux noirs OK (on va leur en filer des gros européens pour impressionner même s'ils n'ont rien à voir avec les petits chevaux nomades des steppes) ;
-chef des très méchants habillé en noir avec des cicatrices sur le visage pour montrer qu'il est encore plus vilain que les autres OK (le fait qu'il ait l'expression faciale d'une huitre immergée importe peu) ;
-méchante sorcière qui se transforme en animaux dont des chauves souris covidiennes OK (bon elle est maltraitée par le vilain homme scarifié et à cause de cela elle va trahir et sauver la gentille et son âme en même temps : c'est bô !) ;
-méchante société médiévale patriarcale chinoise qui ne laisse pas la place aux femmes et contre laquelle Mulan se dresse OK (ça c'est bon vu la période ça devrait faire oublier la vacuité du scénario et le fait qu'aucun pays au monde n'a de leçon à donner en ce domaine) ;
-héroïne tellement charismatique qu'elle emporte l'adhésion des hommes, y compris les officiers chinois OK (il est bien connu qu'à cette époque, et pas seulement, la voix des femmes était écoutée au niveau militaire, à l'instar de ses camarades simples trouffions qui sont tombés sous le charme de sa sincérité) ;
-combats avec avec des trébuchets qui envoient des pierres enflammées OK (les nomades ne connaissaient pas ça mais on s'en fout, ça rappellera à ces abrutis d'européens leur moyen âge idéalisé) ;

Avec autant de belles valeurs à vendre, la souris au ventre distendu peut se frotter les pattes, développer son offre en ligne et se dire qu'elle a pléthore de titres en catalogue à incarner en film avec des acteurs qui "jouent" dedans. Ca va faire un paquet d'économies en scénaristes ça. Et elle pourra partager son hobby de gourmet coprophage avec des millions de spectateurs. Et ils vont payer pour ça !

Profite souris ploutocrate, tant que ta carotte mut l'âne...

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 21 fois
3 apprécient

Autres actions de Apostille Mulan