Coup de blues.

Avis sur Nashville

Avatar Boubakar
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Nashville faisait partie de ces films dits Graal, à savoir que j'attendais depuis des années une sortie dvd ou blu-ray française, car avec des sous-titres anglais sur 2h40, je pense que ç'aurait été costaud à suivre.
Le miracle étant venu d'un oncle d'Amérique, j'ai enfin pu découvrir ce qui est sans nul doute un des films majeurs de Robert Altman, et qui a pour thème la musique.

Comme son nom l'indique, le film se passe à Nashville, capitale du country, et où vont se croiser pas moins de 24 personnages durant 5 jours dans les années 1970, certains sont là pour faire carrière, d'autres pour des aspirations plus politiques.
Dans ce qui est sans doute le premier film choral américain, avec un casting de folie, Altman nous montre un microcosme de l'Amérique, à la fois désenchantée, porteuse d'espoirs, qui vit encore sur son passé de l'assassinat de JFK et de la libération des mœurs, et tout cela forme un maelstrom par moments éblouissants. Alors, il est parfois difficile de suivre tout le monde de façon équitable, mais plusieurs personnages surnagent, comme par exemple Gwen Welles qui joue une chanteuse dont on sent que si elle a envie de chanter, le talent n'y est pas, Geraldine Chaplin incarnant une journaliste donneuse de leçons, Keith Carradine en chanteur, ou encore Ned Beatty ainsi que Lily Tomlin... la liste est vraiment longue, aussi peut-on rajouter des habitués du cinéma d'Altman qui passent très vite à l'écran comme Shelley Duvall, Jeff Goldblum, Julie Christie et un moment assez drôle avec Elliott Gould qui incarne son propre rôle.

C'est dans ce film-là qu'on voit les germes du cinéma choral d'Altman, comme dans The Player ou Short Cuts ; une grande part d'improvisation, des dialogues qui se chevauchent les uns les autres (ce qui rendrait le film très difficile à comprendre sans sous-titres), une pléiade d'acteurs, et il y a toujours cette volonté du réalisateur de ne pas offrir au public ce qu'il voudrait, à savoir élargir le cadre, laisser durer les scènes in extenso, ou alors laisser la fin totalement ouverte où l'ombre de JFK plane toujours.
Dans ce sens, je ne serais pas étonné de dire que Nashville est un film adulte, car il impose au spectateur de faire un effort de réflexion dans la multiplicité des intrigues, des personnages, pour au final proposer un portrait très fort de l'Amérique en 1975.

Quant aux chansons, qui sont bien entendu en majorité de la country, il ne faut pas être allergique, car elles prennent une part importante du film (il doit bien y en avoir une heure), mais surtout, elles apportent elles aussi des éléments sur les personnages, dans le sens où ce sont les acteurs qui ont écrit eux-mêmes les textes et joués sur scène. Il faut dire à ce propos que Keith Carradine est un excellent chanteur, comme l'atteste I'm easy, qui lui fera gagner un Oscar.

J'admets que Nashville peut être un film difficile, de par la foule des petits sujets qui ne constituent pas une histoire, par le choix de la musique, par les 24 acteurs qu'on suit, mais il y a une telle fluidité dans la mise en scène, des personnages si fort en si peu de temps, et portrait autant puissant de l'Amérique que j'ai beaucoup aimé.

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