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L'autre coté du paradis

Avis sur Nashville

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Situé chronologiquement en point d’orgue d’une extraordinaire série de chef-d’œuvre (Brewster Mc Cloud, John Mc Cabe, le Privé, Nashville, Popeye), impressionnant brelan d’as qui a consacré Altman comme cinéaste le plus brillant de la génération des années 70, Nashville a été un des plus grand succès public de son auteur.
Nashville est une investigation de l’Amérique et de ses mythes, de son malaise aussi, représentée par ses arrivistes voulant percer dans la chanson, ses mégalomanes, ses délires verbaux en surimpression des discours électoraux, ses stars dépressives et ses paumés du petit matin.Le mode du récit repose sur la multiplicité des personnages dans un sorte de fresque musico-sociale, dont la composition polyphonique s’accorde on ne peut mieux au sujet : l’entreprise de décervelage inaugurée de manière pas toujours très finaude dans MASH, qui réglait son compte à une armée de débiles et de gate-sauce.Brocardant vertement l’American Way of Life, dans un registre unanimiste d’une grande virtuosité formelle, Nashville a pourtant d’autres attraits qu’une simple charge au vitriol d’un certain « cauchemar climatisé » libellé dans une version musicale.Car au-delà de la satire d’un monde en proie à la folie médiatique et qu’obsèdent les rapports de sexe, d’argent et de pouvoir, déjà esquissée avec beaucoup de brio par Elia Kazan dans « un Homme dans la foule », perce une grande tendresse, une nostalgie de la communication vraie, qui s’incarne dans les personnages les plus paumés de cette fascinante kermesse funebre.Le regard d’Altman, n’est en effet jamais omnibulée par la satire et la dérision, qui sont toujours corrigées chez lui par une nuance de neutralité et de beinveillance.Le désordre indescriptible, si bien rendue par cette caméra en forme de tête chercheuse si caractéristique de la « patte » stylistique d’Altman, incarne a cet égard tout l’art d’un auteur qui se situe davantage dans la recherche et le tatonnement d’une vérité insaisissable que dans l’aboutissement d’un objet révélé.Cette humilité du regard ne contrariant pas son art, comme ici, d’atteindre une sorte de perfection.

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