Le meilleur film d'action psychologique ?

Avis sur Négociateur

Avatar Eowyn Cwper
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[SPOILERS] Le Négociateur, c'est ce figurant badass qui sert de médiateur, dans les thrillers, entre la police et le criminel, afin de l'amener à se rendre ou de préparer l'assaut. Chez F. Gary Gray, il n'a plus rien d'un figurant et son flegme cinémagénique va servir à faire un film entier.

Le décor est planté avec beaucoup d'allusions aussi efficaces que peu loquaces sur le personnage : il connaît ses collègues depuis 12 ans, il vient de se marier, il est très compétent mais modeste et un peu fou. Ça fait beaucoup à mettre sur le compte de simples clins d'œil à sa vie passée, et c'est presque trop quand on doit justifier son craquage : victime d'un coup monté, il retourne ses aptitudes contre ses employeurs et fait une prise d'otages pour tenter de prouver son innocence.

Mais une fois arrivé au quart du film, tout s'ajuste. Samuel L. Jackson joue brillamment l'homme acculé mais déterminé, sous pression mais alerte. On va voir son personnage faire usage de ses talents de manipulation, car c'est la promesse du film, et l'écriture est au rendez-vous : les positions d'infériorité, de supériorité et d'égalité sont toutes couvertes tour à tour tandis que l'apparatus policier faillible mais jouissivement bien huilé se démène pour faire son boulot au mieux, le tout dans une démonstration remarquable que le scénario maîtrise aussi bien son macrosujet que ses microsujets.

Jackson et Kevin Spacey font totalement le jeu du film psychologique, castés à la perfection pour leur présence et leur maîtrise de la microexpression, fondamentale. Tout n'est pas inattendu dans l'histoire et un esprit habitué saura prédire le chemin qu'elle suivra, mais celle-ci navigue avec une fluidité qui témoigne du grand respect des scénaristes pour leur art.

Presque toutes les scènes ont leur place, et nombreuses sont celles qui nous scotchent à l'écran dans l'attente du détail qui fera la différence. Ce surplus d'attention nous fera parfois un peu étouffer dans le huis clos presque symptomatique du théâtre adapté au grand écran, mais ce n'est pas une inquiétude qui s'attarde. En effet, il est beaucoup plus intéressant de voir le film mettre nos convictions sous pression, en se demandant s'il finira par les faire lâcher ou non.

Quantième Art

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