Un Sidney Lumet de 1976 qui décrit les dérives de la télévision trash, celle qui n’hésite pas à perdre son âme sur l’autel de l’audience dictée par les actionnaires de la chaîne. Un sujet étonnamment intemporel qui pourrait s’appliquer sans peine à la télé d’aujourd’hui mais aussi à internet et son information immédiate et sensationnaliste. Le souci est peut-être qu’à le voir en 2017, et même avec toute la considération pour son avant-gardisme, le propos de ce pamphlet paraît vain parce qu’il prêche des convaincus et que je reste persuadé que ceux qui prennent du temps et du plaisir à regarder un film de Sidney Lumet abhorrent déjà le genre de télévision dénoncé.
Par ailleurs, malgré d’évidentes qualités de narration et de rythme propres à tous les films du réalisateur new-yorkais, certains personnages frôlent la caricature ( les activistes communistes révolutionnaires un peu ridicules, et même des pointures comme Robert Duvall, excessivement odieux et colérique ou Faye Dunaway, insupportable et détestable en chantre d’une télé toujours plus racoleuse)
Le personnage de vieux directeur de l’information interprété avec force et conviction par William Holden reste le plus crédible et le plus convaincant, par sa représentation du journalisme intègre d’autrefois, reconnaissant qu’il peut être inexplicablement attiré par ce qu’il hait le plus au monde et qui va prendre sa place ( symbolisé par son histoire d’amour improbable avec Faye Dunaway…)
L’épilogue est, comme souvent chez Lumet, sec et glaçant, renvoyant le spectateur béat à sa réflexion sur cette société où libéralisme finit par rimer avec danger.
J’avoue une préférence pour les drames policiers ou judiciaires du réalisateur ( « Serpico », « 12 hommes en colère », « le prince de NY »,…), mais même s’il n’a pas vraiment changé les choses ( bien au contraire) et que son impact n'est plus aussi important, « Network » mériterait d’être montré aux jeunes générations gavées de telé-réalité débilitante.

Stanleywhite
6
Écrit par

Le 26 décembre 2017

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9

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