L’ouest n’a jamais été si terne

Avis sur Never Grow Old

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La décennie 2010 aura vu le retour en force du western, que plusieurs réalisateurs ont tenté de se réapproprier, jouant avec les codes du genre, cherchant à exploiter le filon a priori inépuisable de la conquête de l’ouest.

Dans never grow old, il est question de village boueux, de trou paumé en perte de vitesse où le seul charpentier/croque mort du village voit son commerce péricliter faute de clients.
On touche là au revers terne de la médaille en suivant la famille Tate alors que les époux se demandent s’il est encore pertinent de rester dans un village sans avenir ou s’il faut poursuivre le rêve d’une herbe plus verte ailleurs, et pourquoi pas, avec un peu d’or en prime.

Le film se cherche autant que son couple de gens ordinaires et sans histoire qui voit son avenir s’obscurcir au fur et à mesure que les commandes se multiplient, en devenant le fossoyeur attitré (faut de concurrence) des nouveaux bandits qui arrivent en ville (et non personne ne change de trottoir puisqu’ils n’existent pas, mais l’idée est là quand même).

On pense un instant qu’on va jouer la carte du “faut-il mieux vivre pauvre mais droit dans ses bottes ou riche mais rempli de remords”, ou encore qu’on va nous dire que la cupidité va pousser notre héros à la perte. Mais ce n’est pas réellement le cas puisque l’argent arrive de manière fortuite, un peu forcée: le fossoyeur se voit contraint de venir en aide à ceux qui le menacent, il n’y a rien de réfléchi dans son parcours.
Le seul moment où il aurait pu changer l’histoire, c’est au départ, quand il aurait pu choisir de quitter la ville, avant que tout ne commence. La suite n’est qu’un cheminement logique, qu’on voit venir d’autant mieux que le premier plan nous avait prévenu.

Never grow old est un film à l’ambiance pesante dont on regrettera le récit très linéaire et le masque toujours très peu expressif d’un personnage principal qu’on aimerait soutenir davantage.
Face à lui, les méchants sont terrifiants, mais là aussi sans nuance dans l’écriture, et si ce n’était John Cusak on aurait sans doute passé notre chemin.

Sans être réellement mauvais, le film est tout à fait dispensable et très vite oubliable.

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