Règlements de comptes près du corail

Avis sur Night in Paradise

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La romance, qui n’est en fait que la conjonction de deux solitudes confrontées à leur disparition prochaine, avait de quoi intriguer tant Park Hoon-jung brosse le portrait d’un duo dysfonctionnel que tout oppose en apparence, et dont l’attachement réciproque résulte d’une fatalité et d’un sursaut de désespoir, selon l’idée que disparaître à deux est plus doux ou plus facile. L’évolution de ce couple maudit mute à terme en martyre sanglant, au cours duquel le réalisateur se complaît dans une cruauté aussi gratuite que stérile, offrant ainsi un dernier segment purement – et bêtement – cathartique, réparation du sang par le sang qui prend l’aspect d’un règlement de comptes par cassage de trognes que le film a rendu détestables pendant près de deux heures. Car les antagonistes, privés de la moindre profondeur, ne servent qu’à justifier l’épanchement ultime, qui dégoûte et agace à la fois.

En résulte un long métrage aussi hypocrite que ses chefs mafieux, puisqu’il feint l’attachement à des personnages qui ne sont en réalité que des pions déplacés sur un échiquier de la violence, des fantoches que le réalisateur exploite selon son bon plaisir sadique. Dommage, car l’apprivoisement de Park Tae-Gu et de Jae-Yeon sur fond de décor maritime avait de quoi séduire, tous deux écartelés entre une malédiction congénitale rappelant la trame des grandes tragédies et l’influence d’un certain cinéma contemporain à la Nicolas Winding Refn – on pense beaucoup à Drive (2011) et à son héros taciturne.

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