See you down the road

Avis sur Nomadland

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Critique publiée par le

Vivant aux Etats Unis, j'ai eu la chance de voir Nomadland en IMAX au cinéma. Je me rends compte de la chance d'avoir aussi pu découvrir toute la filmographie de Chloé Zhao depuis ses débuts a Cannes en 2015 avec Songs that my brother taught me.
En toute honnêteté, je n’avais pas aimé ses précédents films que je trouvais trop lents, contemplatifs et sans but. Je n'accrochais pas a l'univers des réserves amérindiennes dans Songs that my brother taught me, ou l'obsession d'un jeune redeck pour le rodeo dans The Rider. Je trouvais ces personnages trop distanciés et je n'arrivais pas à m'y attacher. Pourtant, sa réalisation avait quelque chose de captivant à mes yeux, quelque chose de beau et d'unique. Nomadland a donc été une véritable claque pour moi. Un bijoux émotionnel auquel je ne m'attendais pas.

Intérieurement, j'avais comparé Chloé Zhao à Agnes Varda, pour une réalisation documentaire similaire sur son environnement et sur des bouts de vies de gens qui l'entoure. Apres avoir vu Nomadland, la comparaison est d'autant plus frappante à Sans toit, ni loi, le film qui a révélé Sandrine Bonnaire.

Pourtant Fern, interprétée par Frances McDormand, n'épouse pas la même liberté ni les mêmes convictions révolutionnaires que son homologue française. Fern est une femme dans la soixantaine, plus ou moins forcée à vivre comme une nomade. Après la perte de son job et la mort de son mari, elle quitte une maison vide et rassemble toutes ses économies pour s'acheter un van. Le film nous montre donc un an de sa vie, parcourant les Etats Unis comme une pionnière, d'Est en Ouest.

Pour survivre, elle enchaîne jobs saisonniers alimentaires et rencontre un tas de gens nomades comme elles, qui deviennent en quelque sorte sa nouvelle famille. AU fur et à mesures de ces rencontres, on apprends à connaitre Fern dans toute sa complexité. Etant un femme profondement généreuse et brave, tous ceux qui la rencontre s'attache forcément à elle. Pourtant, jamais elle, ne parvient à se lier aux autres. Comme un papillon, elle s'échappe dès que l'on s'approche trop près d'elle. De même la caméra la sillonne, l'encercle, mais jamais de trop près. On la suite littéralement, sans parvenir à l'atteindre. Cette vie sans attache semble devenir un choix évident plus qu'un fardeau pour elle, et ce, malgré les nombreuses difficultés. Fort heureusement, le film s'attache surtout à montrer l'entraide des gens du voyage, plutôt que de chercher à dramatiser sa situation très précaire.

Plus qu'un road movie, le film nous invite à réfléchir sur notre existence et nos aspirations de vie, à travers l'experience des différents personnages que Fern rencontre. Si l'on est le genre de personnages qui à besoin de vivre l'aventure au quotidien pour se sentir en vie, comme beaucoup d'autres nomades qu'elle rencontre; ou si au contraire, l'attachement à un foyer, une famille, un quotidien tout aussi riche d’expériences, est ce qui nous correspond. Au final, les différents styles de vies nous sont présentés sans véritable jugement. Juste un état de faits. En comparaison au film Into The Wild, ou notre protagoniste recherchait l'aventure primaire et à se détacher de la société consumériste.

En réalité, le film a plusieurs couches. Fern n'est pas juste une déracinée. Au contraire, elle semble fuir ce qu'elle redoute d'accepter : le deuil de son mari. Avec elle, les souvenirs l'accompagne, mais elle se retiens d'en parler. Fern est une femme fière. Et c'est ainsi que son histoire ne tombe jamais dans un pathos forcée. Au contraire, le film est émotionnellement déchirant mais plein d'espoirs. Cette fois, la réalisation assez distanciée de Zhao que je regrettais dans ses films précédents à su trouvé sa place avec le personnage de Fern dans Nomadland. Nos yeux s'attache tout autant à la beauté des paysages qu'au moment d'émotions traversé par notre personnage principale en plein deuil.

Ce film n'a pas non plus de "fin" tant il suit un personnage dans un cycle de vie imprévisible. Pourtant, ce retour en boucle qui finalise le film, permets à Fern de continuer son chemin de vie, avec la promesse de faire de nouvelles rencontres de gens ordinaires, de voir de nouveaux paysages extraordinaire et pour vivres des nouvelles expériences pas si ordinaires.

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