Ta goule!

Avis sur Nomads

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Lorsqu'on est dans la démarche de tout voir d'un cinéaste aussi doué que John McTiernan dans le rayon de l'action-movie (auteur des excellents Predator, Piège de Cristal, Last action hero...), et même si son premier essai a une réputation de merde, on se dit au pire qu'on va essayer de repérer les prémisses d'une oeuvre en devenir. Sauf qu'à part un intérêt pour les langues et les peuples étrangers, absolument rien dans son talent pour la direction d'acteurs et la mise en scène ne transparaît à l'écran. On se retrouve avec un script bidon qui ressemble davantage à un épisode de la Quatrième dimension qui s'inspirerait de Orange Mécanique avec un soupçon des films de John Carpenter, mais en version cheapos et ringarde.

Tout est collector dans ce film. Pourtant j'y croyais presque durant le générique musical (la musique est pas mal), mais après ça va de pire en pire. Tous les acteurs surjouent, le lead féminin en tête (Lesley-Anne Down pour me rappeler combien elle est mauvaise), mais Pierce Brosnan en tient aussi une couche en essayant d'interpréter un français (catastrophiquement, car il bouffe ses mots et on comprend la moitié de ce qu'il dit), et bizarrement, malgré ce choix bizarre d'un anglais pour incarner un français, ce dernier se révèle être le meilleur acteur de la bande. Ce n'est pas mieux du côté du scénario qui enchaîne invraisemblances, réactions "autre" des personnages, avec un thème central pourtant intéressant dans le fond (le problème de l'intégration des étrangers contre les nantis, combiné à une réflexion de la persistance des instincts versus le formatage de la société), mais terriblement traité, avec ces punks en mode Michael Jackson, symbolisant semble-t-il cette Amérique à la dérive (ce que Verhoeven réussira bien mieux dans le genre, peut-être car il a réellement expérimenté ce choc culturel), et des péripéties qui semblent avoir été improvisées en cours de tournage.

Bref, un navet, un vrai. J'ai quand même bien rigolé par tant de ridicule. Mais regardez combien ils ont l'air perdu les pauvres dans ce naufrage scénaristique. Priceless la manière dont on mélange mythologie inuit, idéologie punk, et folie psychiatrique/possession fantastique (heureusement Mc Tiernan ne fera plus de scénario par la suite). Pour les warriors de la complétion seulement.

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