Red Noröister Cult

Avis sur Noroi : The Curse

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Un journaliste a disparu. Il enquêtait sur des phénomènes paranormaux pour un reportage, et tout ce qu'il a enregistré avec sa caméra a pu être récupéré et monté en un film: Noroi.

Tout commence par des images d'archive qui semblent se recouper entre elles, guidant l'investigateur vers une maison de banlieue tranquille de laquelle ont été entendus des sons étranges, et de là l'enquête va faire se croiser une cinquantaine de personnages, touchés chacun leur tour par une étrange malédiction à peine perceptible...

On peut le dire: Shiraishi a tout compris à l'art du found footage horrifique, et en une heure cinquante il remballe la plupart des autres films du genre. Il a compris que pour qu'un tel scénario fonctionne il faut du réalisme dans l'horreur, il faut que le spectateur y croie ou au moins aie envie d'y croire.

Et un tel pari passe d'abord par la réalisation et par dessus tout par le montage. L'image est celle d'un caméscope de qualité moyenne, mais lorsque le support change l'image change avec: 16 mm numérisé avec sa teinte orange, vidéo nocturne bleutée dans une chambre à coucher qui rappellera très certainement quelque chose aux fans du genre, tout est soigneusement travaillé pour correspondre au moindre défaut d'un documentaire télévisuel, vraiment bluffant. Et il se paie en plus le luxe de filmer admirablement chaque scène, comme l'aurait fait un vrai réalisateur de documentaire, en captant bien l'expression des personnages dingos qu'il croise avec des gros plans, l'ambiance pittoresque d'un village isolé dans lequel les investigateurs pénètrent caméra à l'épaule. On est vraiment à l'opposée de l'hystérie calculée d'un [REC]: quant un personnage voit quelque chose d'inquiétant il lâche sa caméra au hasard sur le sol quitte à ce que le monteur soit obligé de couper. La shaky-cam fait tout de même son apparition à la fin, mais lorsque la situation s'y prête vraiment.

En plus la malédiction se prête parfaitement à ce genre de réalisation: elle est insidieuse, discrète, et surtout crédible. Pas un seul screamer, un seul sursaut forcé, la peur arrive d'elle même du malaise créé par certaines situations, toujours sans artifices. Tout passe par les acteurs en fait, qui sont parfaitement crédibles. Certaines sont très réussies (la première enquête dans la maison aux cris d'enfants est fabuleuse) d'autres plus grossières (l'image parasite de la caméra), mais c'est toujours intriguant. Des sons étranges aux apparitions directes, tout m'a captivé, et il y a un vrai travail sur le son et les bruitages, et sur l'utilisation de la musique d'ambiance, très discrète (dont une piste directement pompée sur l'excellente partition d'Ennio Morricone pour l'ouverture de The Thing). Y'a une scène d'extérieur où on entends une sorte de drone qui imite le bruit du vent sur la perche, ça donne une ambiance vraiment inquiétante.

Noroi n'est pas sans défauts, et retombe à quelques moments dans la facilité (un léger jump-scare pour la forme par là, une apparition pataude dans un coin), c'est pas non plus à mourir de peur et ça traîne par moments en longueur à tel point que vers la fin on sent que le scénariste peine un peu à clôturer une histoire aussi riche et tombe dans le spectaculaire mais ça reste un film horrifique remarquable, avec des décors magnifiques.

Une bien belle surprise.

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