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Demander aux adolescents de quelle façon ils imaginent l’avenir, tel est le quotidien de Johnny (Joaquin Phoenix), qui travaille pour la radio. Caractérisé comme un loup solitaire, il accepte de garder le fils de sa sœur lorsqu’elle le lui demande. C’est à priori l’affaire de quelques heures, quelques heures qui vont s’étendre et bouleverser l’existence entière du journaliste en rencontrant Jesse (Woody Norman), neuf ans. En effet, l’enfant, dans Nos Âmes d’enfants, est à l’honneur, c’est lui qui se questionne, c’est lui le manipulateur qui joue avec la considération des adultes, c’est lui le pilier de la civilisation à venir et n’est pas le simple héritier de l’histoire de ses parents. C’est un des aspects les plus réussis du film, Mike Mills arrive à présenter cette nouvelle jeunesse de façon très fine la montrant comme maître de son avenir, libre, l’opposant au destin tout tracé qu’on a l’habitude de voir, l’opposant à l’influence parentale dictant les manières futures de l’enfant.

Le titre Nos âmes d’enfants laisse sous entendre une ode à la jeunesse, à une certaine légèreté, mais il n’en ai rien. Le film lève un pan de rideau sur la part de noirceur liée à l’incompréhension vis-à-vis de certains aspects de la famille qui habitent les jeunes gens, et ce dès l’enfance de manière inconsciente. Autrement dit, il montre comment le passé (figé car ce qui est fait est fait) détermine ou pas le présent. D’ailleurs, Jesse en recherchant continuellement à créer des histoires en rapport avec lui plus petit, nous montre bien comment il réussit à déterminer les actions de son présent, en choisissant ce qui lui intéresse dans son passé, et d’une certaine manière il devient réellement attachant.

Sous un accent de road movie, en balayant quatre villes des Etats-Unis, aux atmosphères très différentes les unes des autres, Nos Âmes d’enfants présente un caractère singulier dans la lenteur du déroulement de son histoire, malgré les séquences d’improvisations tout à fait remarquables, initiées pour la plupart par le jeune Woody Norman qui déborde de cette sensibilité mystique que cultive certains enfants.
On ne peut clore cette critique sans parler de Joaquin Phoenix, dont le jeu oscille entre joyeux laisser-aller et profonde pudeur, se mettant dans la peau de l’oncle ne sachant rien au monde des enfants malgré son métier, et qui ne demande qu’à apprendre. L’apprentissage est d’ailleurs beau à regarder ! Avec une belle progression, Johnny apprivoise peu à peu le garçon et éduque Jesse en le faisant entrer dans une réalité crue tout en le protégeant. Comme toutes les interviews des jeunes interrogés d’ailleurs, qui se soucient de problèmes d’adultes de plus en plus jeune.

(7/10)

TangoCritiqueTrop
7

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il y a 5 mois

5 j'aime

Nos âmes d'enfants
JorikVesperhaven
4

L'exemple type du film d'auteur intello intéressant sur le papier mais désespérément chiant à l'écra

Mike Mills nous présente certainement son film le moins réussi et surtout le plus rébarbatif. Il fait partie de ce que l’on pourrait appeler la nouvelle vague du cinéma indépendant américain avec...

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