Claustrophobie, jeux d'ombres, terreur, vampire... : le film des inventions

Avis sur Nosferatu le vampire

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Chef d'œuvre du cinéma expressionniste allemand, mouvement cinématographique si court mais pourtant si généreux en œuvres de qualité, « Nosferatu » marque la première adaptation, même si elle fut non officielle, du roman de Bram Stocker « Dracula ».

Avec d'autres comme « Le cabinet du docteur Caligari », « Nosferatu » marque aussi pour son apport au film d'horreur. Pour autant, bien plus qu'une peur primaire, le film élabore une atmosphère inquiétante, froide, renforcée par l'utilisation du filtre bleu lors des scènes nocturnes par F. W. Murnau. Pire encore, c'est chronologiquement le premier film (de ceux que j'ai vu en tout cas) qui joue avec le spectateur sur la claustrophobie. Chaque lieu est l'occasion pour Murnau de jouer sur la peur du confinement : la chambre, le château, la cale de bateau...

Interprété par l'impressionnant Max Schreck, le personnage de Nosferatu est intéressant à plus d'un titre. S'éloignant par certaines caractéristiques du personnage de Dracula, Murnau invente l'archétype du personnage de vampire même si Bela Lugosi apportera sa pierre à l'édifice en 1931. Grand, effroyable, le visage anguleux (nez, oreilles, joues...), le teint pâle et livide, il erre comme un corps sans âme à la recherche de ses victimes qu'il capturera dans ses mains décharnées aux longs doigts et aux ongles acérés.

Très théâtral, le jeu de Max Schreck est assez stupéfiant et est amplifié par la remarquable mise en scène de Murnau. Les jeux d'ombres, inhérents à l'expressionnisme allemand, sont légions et viennent rajouter à la terreur qui parcourt le film. N'oublions pas non plus que Murnau invente ce qui deviendra la première caractéristique du vampire dans l'imaginaire occidental : il brûle au soleil. Un fait qui n'existe pas dans le roman de Bram Stocker.

Si tout n'est pas réussi, quelques petits moments creux bien pardonnables, le film marque clairement l'histoire du cinéma pour sa mise en scène, pour son apport au film de genre (horreur, suspense, terreur), pour la prestation de Max Schreck, pour la première adaptation du roman de Stocker et pour son traitement inédit du personnage de vampire. L'œuvre traversa le siècle et continue toujours d'influencer les plus grands comme Werner Herzog ou Tim Burton subjugués par ce film. Rien que cela !

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