NOTRE HISTOIRE de Bertrand Blier

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Quand Alain Delon laisse tomber la panoplie du dur à cuire pour jouer un alcoolo qui s’accroche à une femme qui hante les gares et les trains pour ramasser des hommes. C’est gonflé pour l’acteur qui fait un grand numéro de traîne-savate ravagé par la vie. C’est même sacrément réussi. Hélas ça ne rapporte pas au box office. Même si cela lui permet d’obtenir le César du meilleur acteur.rueducine.com-cesar
Jean-Paul Belmondo avec « Les morfalous » de Henri Verneuil (1984) (pourtant lui aussi en perte de vitesse) fait trois fois et demi plus d’entrées que « Notre histoire« . Quatre mois auparavant « Un amour de Swann » (1983) de Volker Schlöndlorff n’avait guère plus brillé au box office.
On peut comprendre qu’Alain Delon ait vite repris la panoplie du flic quitte à ce que ce soit mauvais comme « Parole de flic » (1985) de José Pinheiro.
Pour en revenir au film de Bertrand Blier, nous sommes dans la meilleure veine du réalisateur. Celle qui est dans la droite ligne de « Les valseuses » (1974), « Préparez vos mouchoirs » (1978), « Buffet froid » (1979) et qui donnera « Tenue de soirée » (1986) et « Trop belle pour toi » (1989).rueducine.com-notre-histoire-photo (5)
La déstructuration du récit ne perd pas le spectateur, La scène finale permet de raccrocher tous les wagons et de comprendre le film.
La loufoquerie est toujours présente comme cette horde de mecs en pyjama, robe de chambre, et mules aux pieds qui suivent Robert de maison en maison, en pleine nuit et assistent aux atermoiements d’un voisin cocu devant le lit occupé par sa femme et son amant.
Les dialogues sont ciselés, maniant la poésie, l’humour corrosif et les réflexions machistes; marque de fabrique de l’auteur. Ces dialogues crus masquent le romantisme de l’auteur qui en fait aime les belles histoires d’amour qui finissent bien. Mais par pudeur? par jeu? il prend un malin plaisir à prendre les chemins de traverses et secoue ses personnages et ses histoires dans tous les sens pour parvenir à ses fins.
Bertrand Blier reçoit le César des meilleurs dialogues.
Nathalie Baye depuis « Le retour de Martin Guerre » de Daniel Vigne et « La balance » de Bob Swaim tous deux sortis en 1982 voit sa carrière exploser et devient une star française du 7ème art. Elle explore les genres et les styles cinématographiques.
La musique de Laurent Rossi qui ouvre le film finit dévorée au fur et à mesure du film par la musique classique.

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