Il était une fois ... Quentin Tarantino.

Avis sur Once Upon a Time... in Hollywood

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La sortie d’un long-métrage de Couennetine est, systématiquement, un évènement.
Tandis que les fans hardcore vivront des mois durant (dans le meilleur des cas) à l’affut de la moindre photo, de la plus petite info, du plus infime spoil qui les feraient accéder au secret des dieux, tous les amateurs de cinéma spéculent sur la production à venir.
Parfois (souvent) même de la plus stupide des manières, provoquant des polémiques sans queue ni tête, alors même que le réalisateur en encore en train de se triturer les méninges (et se gratter les parties), en salle de montage, pour savoir si le meilleur titre pour accompagner la déambulation, pieds nus, cela va de soi, de son actrice phare ne serait pas Ride My See-Saw des Moody Blues, plutôt que Dream Eyes, par Kosuke Mine Quintet.

Once Upon a time in Hollywood n’a pas échappé à la règle. Alors même que le sujet du film était annoncé, des crétins de tout bord hurlaient au scandale, braillant qu’il était intolérable de porter à l’image la tragédie dont furent victimes la douce Sharon Tate et ses amis, surtout quand ces images seraient l’œuvre de Quentin Tarantino, si adepte de violence à l’extrême. Honte sur lui. Ridicule sur eux.

Je ne me suis pas précipitée au ciné. Pourtant je le kiffe, moi, Quentin.
J’ai d'abord vu passer les notes de mes éclaireurs, la plupart ravis (8 de moyenne, les gars. C’est vous les meilleurs) et j’y suis donc allée confiante. J’ai bien fait.
Plein les mirettes, plein les oreilles, le cœur débordant de joie, de bonne humeur, de jubilation et de tendresse, je me suis plongée dans cette ambiance fin 60’s dans cet Hollywood en pleine période transitoire.
Car c’est ça, Once Upon a Time … un film d’ambiance.
Un film sur une époque révolue où une star du petit écran est inséparable de son cascadeur-ami (coucou, Steve McQueen).
Un film sur une carrière amorçant un virage délicat, empreinte d’images, de réputation, de rôles plus ou moins marquants et de réflexion sur la manière d’en sortir (Rick Dalton) quand une autre démarre à peine, neuve, fraîche, innocente et délicate (Sharon Tate).
Un film porteur de réflexion sur le temps qui passe, pour les individus mais aussi pour l’industrie du cinéma même.
Un film surtout teinté de nostalgie, truffé (j’imagine) de références aux petits et grands écrans de l’époque, un film intimiste, voir intime.
Le film dans lequel Quentin Tarantino se livre et nous parle de lui, plutôt que des autres.

Les détracteurs eux, après visionnage, s’en donnent à cœur joie : raciste, misogyne, beauf, homophobe (si, si, je l’ai lu, aussi vrai que j’ai vu Hanouna réfléchir une fois), long comme un jour sans pain et aussi creux que la boîte crânienne de Camille Wernaers (j’y reviendrai).
Même certains fans de la première heure sont déstabilisés pour certains. Le syndrome Canada Dry : ça ressemble à Tarantino, c’est signé Tarantino, c’est une bande son à la Tarantino, une réalisation à la Tarantino mais c’est pas du Tarantino.
C’est quoi ce bordel ??!!

Ces critiques m’ont laissée drôlement dubitative. Pensant d’abord que j’étais stupide de n’avoir rien vu de tout ça, puis me souvenant qu’il était impossible, physiologiquement, que je sois stupide, j’en ai déduit que le problème était ailleurs.

J’aimerais pas être Tarantino, moi. Réalisateur phare des années 90’s, créateur de chef d’œuvre, qui s’auto-plagie, s’endort sur ses lauriers et fait encore du Tarantino quand il offre ce qui l’a fait connaître, sa recette magique, mais qui se voit reprocher de ne pas faire du Tarantino sur son dernier film.
Si la déception peut se comprendre, sur la longueur ou l’absence de scénario marqué, il est certaines critiques que je ne peux saisir.
Ici ou ailleurs, on invective, on crache, on accuse. La palme revenant toutefois à ma nouvelle meilleure copine, Camille Wernaers donc, féministe de mes deux à ses heures perdues, qui nous a pondu un merveilleux papier, sobrement intitulé Tarantino : ou le triomphe du mâle alpha.

Camille Wernaers est l’exemple type du mal d’aujourd’hui. Elle s’offense pour un rien, sur tout et n’importe quoi, prend tout au sérieux et n’admet pas qu’on puisse rire de tout, sans pour autant être la pire des raclures de la planète.
Mais malgré tout, je dois lui dire merci, à Camille.
Parce qu’après m’avoir bien mis les nerfs et fait cracher mon venin, une fois de plus, sur ces féministes en carton qui mènent des combats si ridicules qu’elles me donneraient presque envie de devenir un gros macho moustachu, elle m’a surtout insufflé l’envie de me refaire la filmographie de Quentin.

J’ai été choquée de ce que j’ai eu l’occasion de revoir.
Elle a raison. Quentin est une ordure de la pire espèce, mais qui plus est, sournois comme pas deux. L’empereur du camouflage.
Quentin le raciste, qui offre à Samuel L. Jackson, Pam Grier, Lucy Liu, Jamie Fox, pour ne citer qu’eux des rôles inoubliables. Malin, Quentin.
Quentin le misogyne, qui crée les personnages de Jackie Brown, Béatrix Kiddo, Shosanna Dreyfuss, les fortes têtes de Death Proof … Bien joué, Quentin.
Quentin, qui célèbre le féminicide, mais qui offre à Uma Thurman le plus grand rôle de sa carrière en tueuse vengeresse qui dégomme des mecs par dizaines. Au top, Quentin.
Quentin le porc, qui filme à hauteur de fesses mais qui, sur 9 films, ne montre jamais un téton, une paire de fesses, aucune scène de sexe explicite. Trop fort, Quentin.

On pourrait donc partir du principe que les attaques portées sur Once Upon, les phrases dénotées comme racistes ici (ça reste à prouver) sont l’expression d’une époque, ce à quoi on me répondra, à juste titre, que ça n’est pas la première fois que Tarantino a dû essuyer des accusations allant dans ce sens, accusations portées par Spike Lee (à relire la superbe réponse Samuel L. Jackson à ce sujet. Du petit lait.)
Quant au fait que Margot Robbie ait peu de dialogue et suggèrerait donc une misogynie de la part du réalisateur, je pose la question : est-ce le nombre de répliques qui définit l’importance d’un rôle dans un film ? Margot est superbe, attachante et importante, n’en déplaise aux rabat-joie.

Non, décidément, j’aimerais pas être Tarantino moi. Décrié, dénigré, démoli. Par les fans, par les autres, par les connaisseurs et les ignorants. Quoi qu’il fasse.
Les dialogues des Huit Salopards sont interminables quand ceux de Once Upon sont quasi inexistants.
Le Fight de Django Unchained est de trop quand celui de Once Upon a Time est trop court.
Envoie les tous se faire voir, Quentin.
Un jour tu as dit que tu t’arrêterais à 10 films.
Tiens parole et tu verras qu’ils viendront tous geindre pour en avoir ne serait-ce qu’un de plus.
Car que ça leur plaise ou non, tu es entré dans l’histoire du cinéma.
Tu copies-colles, tu pompes, tu aspires les œuvres des autres ? On s’en fout. Tu le fais mieux que personne ne saura jamais le faire.

Par contre, arrête d’être con et de filmer des pieds. Ça fait de toi un tordu fétichiste.
Fais comme Kechiche et filme des culs. Ça fera de toi un génie qui célèbre la vie.

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