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Avis sur One Piece: Stampede

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20 ans plus tard, le mangaka Eiichirō Oda a laissé des traces derrière lui, de la fierté, de l’audace et de la sensibilité. Ce 14ème long-métrage est comme une rétrospective de tout ce qu’il a créé, sans qu’il ait à justifier quoi que ce soit à ses fans. Takashi Otsuka et Atsuhiro Tomioka rendent ainsi hommage à cet homme qui œuvre encore aujourd’hui, à faire le bonheur de tous, en développant les morales de la camaraderie et du drame familiale. Mais cela reste mince à la vue du résultat. Le film s’articule sur un mashup, qui se renferme dans le fan service facile, minimisant les dialogues et générant le spectaculaire en abondance. Cela passe pendant un moment, mais les séries de films se montrent rarement matures et finissent par perdre leur propre fil rouge.

Cela dit, nous pourrions nous contenter et du peu et profiter du divertissement, comme un pantin. De temps en temps, la plupart ne demande que cela. Mais ce n’est pas ce que mérite cette saga qui porte un étendard aussi virtuose. Exit donc un scénario qui prolonge et étire encore plus les affrontements, à en perdre la tête. Si nous nous arrêtons sur ce que l’on estime être le point fort et tout l’enjeu de cette démarche, notons que l’animation ne parvient pas à garder le cap, une fois que l’on passe à un décor plus titanesque. Le tout résonne comme un prétexte à la bagarre, ce qui fait l’essence du manga, mais cela ne constitue pas son âme. Les techniques sont énumérées et alignées comme pour un défilé de mode. Le film surfe évidemment sur une tendance, qui saura regroupe les fans qui recherche de l’adrénaline.

On évoque ainsi Gold D. Roger et un secret qui le concerne. La chasse au trésor est un passe-temps chez les pirates, mais on nage parfois à contre-courant dans cette aventure. L’équipage du chapeau de paille aura son lot de folie, mais la plupart des membres comme beaucoup de personnages importants dans le passé sont laissés en arrière-plan. La foule rencontrée, justifie aisément cette gestion des protagonistes. On en garde alors une poignée, préférant la diversité plutôt que de se caler sur le standard de la série. Mais depuis peu, on n’hésite pas à développer des sous-intrigue, avant de tout regrouper. Ici, nous pourrions croire la même chose, mais en fait non. La résurrection de Douglas Bullet aux yeux du monde est expédiée et manque certainement de lyrisme, mais son tempérament rattrape bien les choses. Il en impose, à l’instar des grandes figures d’une nouvelle génération qui piétine, sans savoir quoi faire. Mais pour Luffy, tout est clair. Les objectifs et les valeurs restent les mêmes et nous apprécieront cette piqûre de rappel, malgré tout.

« One Piece : Stampede » ou un Avengers bis, sait comment titiller les fans et leur curiosité. Nous ne perdons pas forcément de temps en nous glissant dans son siège, car le feu d’artifice est garanti. Façon blockbuster, nous sommes loin de la convivialité de la série, mais il faut parfois fêter cela, en acceptant quelques compromis. Le « Fest Pirate » tient quelques promesses et gagnera des sourires sincères, avant de se lancer dans les festivités les plus crues et les plus épiques. Justice à Oda et justice à cette quête du graal des océans qui continue de faire rêver.

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