Muay thaï, Karaoké, et Gosling.

Avis sur Only God Forgives

Avatar Ragnarök
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Hué à Cannes, notes très moyennes de mes éclaireurs, critiques de la presse mitigées : le film que j'attendais le plus cette année commençait à m'inquiéter.
Admirant le travail de Nicolas Winding Refn et refusant toutes influences, je fonce le voir en espérant le meilleur...
Et que dire... En plus d'être une claque visuelle, Only God Forgives est le meilleur film que j'ai pu voir depuis le début de l'année.

Alors que le scénario tient sur un post-it, NWR sublime une simple histoire de vengeance à tel point que le moindre silence, le moindre regard devient mythique et lourd de sens. Mêlant impuissance, règlement de compte, désir, et sexualité, l'ensemble devient un univers cauchemardesque dont on ne veut plus sortir.
J'ose parler d'une part d'autobiographie, sans en être certain : Le générique de Bleeder débutait par 'Til Min Mor' ('Pour ma mère'), drôle d'hommage pour sa génitrice. Aurait-il des problèmes relationnels avec sa mère ? Si tel est le cas, OGF remet la question sur la table avec la relation mère/fils, avec une mère semblable à une mante religieuse !
Mais je m'égare.

La photographie tabasse et la mise en scène est plus que maîtrisée, accompagné d'une bande son envoûtante. Le travail sur les lumières et la couleur rouge est impressionnant. On est loin de la caméra épaule / lumière naturelle de Pusher !

Côté acteur, Ryan Gosling joue toujours aussi bien Ryan Gosling et détruit son icône de 'beau gosse', Kristin Scott Thomas est surprenante, mais la grosse surprise, c'est bien Vithaya Pansringarm qui explose l'écran avec sa présence.

La fin est proche de l'abstraction et en déroutera plus d'un, mais il est facile de se forger une interprétation, même partielle.

Mais NWR va clairement se mettre les inconditionnels de Drive sur le dos avec ce film.
La bande-annonce laissait présager un Drive 2, alors que le film tient plus de Valhalla Rising, voir même d'Inside Job (Fear X).
Ceux qui critiquent son excès de violence ont oublié que NWR utilisait la violence comme moyen d'expression, qu'il la considérait comme un art, qu'elle était son unique langage. Sans elle, la patte de Refn n'y serait plus. D'ailleurs tout ces personnages sont empreints de pulsions de violence. Pas étonnant que son film préféré soit Massacre à la tronçonneuse...

Le duo Refn / Gosling est de retour après la grande réussite de Drive, pour mon plus grand plaisir. Il signe ici son oeuvre la plus sombre, et peut-être la plus personnelle.
Only God Forgives, film extrêmement symbolique et onirique. Plus violent, plus sanglant, plus sensuel que tous ces autres films, c'est une expérience sensorielle.
Jubilation totale scène après scène, sans ressentir la moindre lenteur, ce fut du pur génie en ce qui me concerne.

Time to meet the devil.

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