Confession cinématographique

Avis sur Only God Forgives

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On signale toujours ce qui correspond à l’éternel pour nos yeux. Que nous soyons des fans du dernier film de Nicolas Winding Refn, Drive - absolument indispensable pour nos consciences -, ou des cinéphiles aguerris, rien n'y fait, on reste orphelin face à cette beauté aussi brutale et mystique du cinéma. Le réalisateur danois a très bien compris cela. Il s'inscrit dans l'éternité en composant une symphonie cinématographique d'une heure et demie en passant par tous les coins qui construisent un cinéma qui marque les consciences. Mais la particularité ici est que le réalisateur présente son cinéma ; il est très difficile de faire un comparatif avec le dernier film du Danois. Il n'y a rien de plus excitant que de voir une matière qui se différencie d'une autre. Mais la question n'est pas là, certainement pas. Nous n'échappons pas à ce film qui représente une profonde jouissance inconsciente que l'on exprime, pourtant, quelques minutes après la projection. La manifestation du cinéma propre à Refn génère de magnifiques séquences – d’un contrôle aussi sublime que profond, et une photographie exceptionnelle. Cette représentation de la menace et de la psychologie criminelle, déjà évoquées dans Pusher, s'inscrit dans un cinéma qui se permet de jouer avec nos sens. Improbable mais vrai, le fondamentalisme psychologique s'empare de notre conscience pour nous confronter à la définition-même de l'expérience subjective et émotionnelle basée sur l'impressionnisme esthétique. Ce qui nous ébahi, c'est cette sublimité d'un monde qui tourne au ralenti mais qui, chose encore plus surprenante, comprend les idéologies de menaces, de terreur et d'un cinéma correspondant, aussi, à la suprématie d'un thriller qui veut à tout prix s'imposer dans la tête du spectateur. Nous ne sommes jamais étrangers à ce qui est en face de nous. Ryan Gosling génère encore une fois une mysticité digne de son rôle dans Drive. Cliff Martinez utilise son synthétique comme un génie qui peint une toile à multiples couleurs, au-delà de ce qui est merveilleux. Le cinéma, cette année, a certainement trouvé son hymne. Au-delà de la mise en scène qui bouscule chacune de nos interprétations, avec un intérêt sublime pour la consommation des sens, il n'y a rien à faire: il faut se prosterner. Ce qui est petit est grand. Le cinéma est grand. Celui-là l'est, et pour toujours.

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