Bangkok in red

Avis sur Only God Forgives

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Nicolas Winding Refn a mis du Lynch dans son cinéma et le résultat est assez séduisant. Le réalisateur danois nous embarque dans une histoire de vengeance dans un Bangkok anonyme et trouble. Le film est un cauchemar éveillé, cotonneux mais tranchant, où la réalité semble fuir. Des salles de Karaoke, aux bordels ou aux salles de boxe, les lieux traversés ne sont qu’une série de rings ou de purgatoires aux ambiances d’un Silencio lynchien.

Le Danois conserve l’esthétisme de Drive : une photo sublime et léchée, une réalisation posée et calme mais tendue à l’extrême où l’ultra-violence surgit brutalement, des dialogues parcimonieux qui laissent parler l’image. Un régal.

Le film oppose deux figures du « bien » et du mal, incarnées par Vithaya Pansringarm et Kristin Scott-Thomas. Lui, le vengeur épris de justice au mutisme fascinant. Elle, la mère perverse, tueuse par commandite (très proche de Diane Ladd dans le rôle de la mère de Lula chez Lynch). Les deux sont convaincants et dominent de loin le transparent Ryan Gosling qui joue au cover-boy de pub Levi’s et traîne piteusement son minois de scène en scène. Il porte superbement bien le costard et le marcel mais coté jeu et charisme il disparaît littéralement derrière Vithaya Pansringarm.
La psychologie des personnages dans sa recherche de finesse se révèle plutôt facile et bon marché mais les figures dépeintes restent accrocheuses.

Only god forgives est un film différent, un étrange alliage fait d’une production franco-scandinave, de comédiens anglo-saxons confrontés à des Thaïlandais et d’un décor asiatique filmé loin des codes américains ou orientaux.
Une comète rouge sang qui vaut le détour.

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