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Only God Forgives par Guillaume Dupuys

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Je fais partie de l’immense majorité qui a découvert la prestance hypnotique de Ryan Gosling dans Drive, film léché et esthétique scellé dans un univers envoûté par les sons de Kavinsky. J’apprenais également l’existence du réalisateur Nicolas Winding Refn tout en étant charmé par sa mise en scène soignée et graphique. Objet d’art à part entière où les couleurs impressionnent notre œil pour nous kidnapper l’espace d’un court instant dans un monde ensorcelant. Donc quand j’ai vu que son nouveau film était sélectionné au festival de Cannes et sortait cette semaine, je me suis dit que l’expérience était à refaire sans plus attendre. Les affiches me rassuraient, un confort visuel attractif et percutant. Quelle hâte de voir la salle se remplir convenablement. Il est l’heure, noir, silence, top départ.
Je croyais avoir été sage pour ne pas mériter telle punition. Par ces mots vous comprendrez aisément que la fabuleuse expérience n’a pas été au rendez-vous. Peut-être avait-elle mieux à faire dans une autre salle, mais j’aurais quand même apprécié qu’elle m’avertisse avant que je pose mon assise sur ces agréables et trompeurs fauteuils rouges.
Les premiers plans sont pourtant intéressants. Ombres colorisées à l’arrière d’un club de boxe, ambiance pesante et échanges de regards. Le subterfuge ne dure pas très longtemps car déjà nous sommes perdus dans l’histoire. Comme une envie très tenace qu’une voix off nous explique le pourquoi du comment. La succession d’images silencieuses aura eu raison de notre patience et de notre bonne volonté. Car il ne se passe rien. Même si la violence très crue porte à nos entrailles un électrochoc, la décharge ne suffit pas. De plus on se retrouve enfermer quelques fois pour assister à des sessions de karaoké thaïlandais (non il n’y a rien d’amusant là dedans). Supplice musical de la bande son qui a pour seul résultat le déclenchement d’un mur anti-bruits. Mesure nécessaire pour la survie de nos sens. Peut-être que le sommeil aurait pu contrarier ce spectacle difficile mais je gardais caché au fond de moi une petite lueur d’espoir. Celle de croire que le bouquet final allait être surprenant et accrocheur. Absolument pas. J’ai fait face aujourd’hui à un tsunami du néant. Je suis un rescapé. A vrai dire je ne sais pas si je suis chanceux.

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