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Only God Forgives par Remy Pignatiello

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Que faut-il attendre de Only God Forgives ?

L'arrivée du générique de fin.

Car avant cela, il faut se farcir 1h30 d'un film chiant, creux, moche et extrêmement désagréable côté sonore.

Chiant et creux car vide d’événements, d'enjeux. Les personnages tournent à vide, pour une simple histoire de vengeance qui aurait pu tenir en un épisode de 22 min. Mais non, Refn fait du cinéma, et étend donc cela à 1h30 plus remplies de digressions et de saynettes que d'un véritable fond, entrecoupé d'un Thailandais qui passe son temps à chanter du karaoké et sortir son sabre tout en ayant un 6e sens, Kristin Scott Thomas plus vulgaire que les prosti-putes qui jonchent le film, Ryan Gosling qui tire la tronche pendant tout le film, serre les poings pendant 15 plombes ou se chope des hallus abstraites jusqu'au ridicule, et des 2nds rôles là pour crever comme des merdes après 3 lignes débiles de dialogues chacun.

Moche car malgré une mise en scène travaillée, il faut se farcir un côté ultra-pompier, faits de travellings latéraux ralentis soutenu par une musique à l'orgue, et dotée à 80% d'une photo rouge dégueu qui finit par lasser complètement, malgré une poignée de plans vraiment beaux mais complètement poseurs. Je suis persuadé que si un livre "The Art of Only God Forgives" sort, il sera plus intéressant que le film dont il est tiré.

Et puis extrêmement désagréable car inutilement agressif côté sonore. C'est simple, j'ai eu l'impression d'être à l'usine pendant 1h30. Je n'ai contre être agressé au cinéma. Mais pas au point de donner envie de se barrer. C'est un repousse-spectateur, quelque chose qui nivelle le film par le bas, en lui donnant un côté outrancier ridicule qui donne envie de baisser le son. Au bout du 3e bruitage surdimensionné du sabre thailandais, tu commences doucement à soupirer. Mais quand la musique se met à balancer des pistes qui ramènent aux pires scores balourds de Hans Zimmer, puis à te balancer des gros orgues qui tâchent, c'est juste trop.

Alors on pourra évidemment dire "oui mais c'est aussi une réflexion sur la violence", tout ça. Mouais. Ce que je vois surtout, c'est que le film se fait bien plus graphique que Drive. Quand on me dit que la scène de l'ascenseur de Drive, c'est ce qui fait venir les spectateurs, y a alors un gros problème parce que ce qui faisait, précisément, fonctionner Drive, c'était le fait qu'il ne se vautrait pas dans cette violence outrancière graphique avec-une-photo-rouge-pour-bien-montrer-comment-c'est-glauque. Only God Forgives fait précisément le contraire. Et en rajoute jusqu'au ridicule avec la scène du sbire qui se fait torturer, mais d'où on ne verra que 4 gouttes de sang. Chez Refn, quand Gosling se fait tabasser, il pisse le sang comme pas permis. Mais un mec qui se fait planter les bras, les jambes, et crever les yeux saigne comme quand on tombe et qu'on s'ouvre l'arcade. Wou hou.

Reste une dernière confrontation thématiquement intéressante dans la volonté de Julian de clôturer une fois pour toute la spirale de la violence. En offrant ses mains, il s'offre le beau rôle, celui du better man qui ose se sacrifier pour qu'enfin la paix soit possible.

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