Premier film gore de l'histoire du cinéma, "Blood Feast" est en réalité un nanar.

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Ce n'est pas parce qu'un film apporte quelque chose de nouveau dans le monde du cinéma qu'il en devient indéniablement incontournable. Dans son style, "Blood Feast" n'a rien d'intéressant à part la présence des premières scènes gores du cinéma. L'histoire manque considérablement de consistance : La mère d'une future mariée commande un festin égyptien à la recette vieille de 5000 ans à Fuad Ramses. Ce qu'elle ignore, c'est que le traiteur en question est un adorateur d'Ishtar, une terrible déesse de l'ancien Egypte, et que le festin en question est composé des différentes parties du corps de différentes jeunes femmes vierges. Une série de meurtres de jeunes femmes débute dans la région, et la police tente de retrouver les traces du tueur...

L'histoire n'est, pour ainsi dire, qu'un prétexte pour montrer des scènes gores. Les autres scènes n'ont rien d'intéressant et les dialogues tirent en longeur et répètent ce qui a déjà été dit. On a de la peine pour les acteurs qui n'ont aucune crédibilité dans leurs rôles. Même Mal Arnold est ridicule dans son rôle de traiteur assassin. Avec ses grands airs, son accent trop appuyé, ses faux et épais sourcils gris, de même que l'excès de maquillage sur son visage, il a du mal à effrayer. A côté de cela, on désespère face aux nombreux défauts techniques du film. Le montage tire en longueur, les images ne sont pas forcément bien soignées, le son est mal mixé (car sans doute mal enregistré) et nombreux sont les problèmes d'éclairages, surtout pour les scènes de nuit, où l'on voit tantôt des images assez claires, puis d'autres entièrement plongées dans l'obscurité et baignées de faisceaux de spots.

Ces défauts techniques ont bien entendu une justification. C'est Herschell Gordon Lewis et David F. Friedman qui sont à l'origine de ce projet. Avec un faible budjet de 24 500 dollars et un planning de tournage s'étalant sur seulement 9 jours, ils se sont répartis les tâches : Lewis réalise, filme, produit, compose la musique et gère les effets spéciaux, tandis que Friedman co-produit et enregistre le son. A côté de ça, ils ont bénéficié de l'aide de quelques techniciens, et notamment d'Allison Louise Downe pour écrire le scénario d'après leur histoire, et pour maquiller les acteurs. Un travail qui n'a certes pas donné un résultat convenable, mais qui a tout de même été récompensé par un montant de 4 millions de dollars au box-office américain. Evidemment, les deux producteurs ont bénéficié des scènes gores pour faire la publicité du film.

Venons-en justement au fait : ceux qui veulent du gore en auront pour leur argent. Une jambe découpée par-ci, un cerveau retiré par-là, une langue arrachée ailleurs... et Herschelle Gordon Lewis prend bien le temps de s'attarder sur chaque élément des scènes d'horreur, parfois même sous plusieurs angles différents. Tout, absolument tout est montré dans "Blood Feast". Evidemment, on reprochera au sang d'être trop rouge et à certains morceaux de chair humaine de ressembler plus à du plastique qu'autre chose, mais le maquillage sanguinolent passe, en général. La scène la plus intéressante dans "Blood Feast" est sûrement celle du début, qui fait directement référence à "Psycho", dans laquelle une jeune femme rentre chez elle et se fait poignarder au moment où elle prend son bain. Evidemment, Lewis essaye de rendre la scène plus choquante en montrant le tueur en train de découper la jambe de sa victime, mais ne réussit évidemment pas à surpasser le talent d'Hitchcock.

Si "Blood Feast" n'est pas resté ancré dans les mémoires, c'est bien entendu parce que le film est mauvais en soi, et aussi parce qu'il a pris un sacré coup de vieux depuis. "Blood Feast" est le premier épisode d'une trilogie, "The Blood Trilogy", qui a été créée par Herschell Gordon Lewis et David F. Friedman. Cependant, les deux autres films n'ont rien à voir avec l'histoire de "Blood Feast". Quarante ans plus tard, en 2002, les deux amis se sont à nouveau retrouvés pour mettre en scène "Blood Feast 2: All U Can Eat", mais cette suite est passée encore plus inaperçue que l'original.

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