Cambriolage sous la forme d’un huis clos.

Avis sur Panic Room

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Le réalisateur David Fincher nous a bien surpris avec ses deux réalisations Fight Club et Seven, des productions louables et uniques dans leurs genres. Après avoir touché et remanié les codes du thriller et du policier, c’était avec une certaine et forte curiosité que je me suis laissé tenter de visionner ce huis clos qui avait l’air bien prometteur au premier abord. Sauf que c’était un risque, pour la simple et bonne raison qu’un huis clos ne se réalise et ne s’anime pas de la même manière qu’un film policier ou un thriller. Tout se réduit à un groupe de personnages qui sont réunis dans un seul bâtiment pendant plus ou moins la durée un film, dégager le même suspense glacial et l’atmosphère ténébreuse que ceux de Fight Club et Seven était une chose pas évidente à faire et on se rend bien compte que le cinéaste n’était pas aussi à l’aise pour mettre en œuvre un huis clos, pas aussi efficacement qu’un film policier.

Je peux comprendre les déceptions et les avis mitigés que j’aie pu entendre, ils sont tout à fait justifiés et je suis un peu près d’accord avec eux, le film souffre d’un scénario légèrement vide et plat, avec quelques scènes assez molles et des dialogues ne faisant que tourner les personnages autour du pot, cassant sans arrêt un rythme très prenant et inqualifiable. Cela dit ! La production est tout à fait honorable pour pas mal de points positifs, en particulier sur l’écriture minutieuse des personnages et sur le choix intelligent des acteurs. Jodie Foster brille par une sensibilité indéniable dans la peau d’une mère à l’instinct de survie. Cette dernière est très persuasive aux côtés de la jeune et fragile Kristen Stewart, une jeune actrice qui renforce l’efficacité et la combativité du duo féminin, face à un trio d’odieux et irrespectueux malfrats composés d’acteurs aux caractères très variés et définis comme il se doit tels que Jared Leto, Dwight Yoakam ou Forest Whitaker.

Un propice trio mais aux intentions prochaines prévisibles car dès le début, on peut deviner que ça va mal finir cette histoire, entre les femmes confinées dans une sorte de salle blindée et le trio de malfrats qui peinent à trouver des accords sur leurs prochains agissements. C’est malheureusement ça que le film en est composé majoritairement, une longue et interminable discussion entre protagonistes perdant de la valeur et de la finesse pendant la lecture du film, mais compensée par une ambiance froide et un compte à rebours qui va dérégler d’un moment à l’autre le rythme, par une action héroïque de la mère qui va bien être obligée de sortir de sa cachette pour aller récupérer les médicaments de sa fille souffrante d’une diabétique en hypoglycémie. Du coup, les moments les moins intenses peuvent nous capter notre attention, tout en nous faisant demander à quel moment cette dernière va-t-elle prendre le risque de foncer et de revenir avec les médicaments, surtout en présence des cambrioleurs n'ayant pas l’intention de partir tant qu’ils n’auront pas récupéré ce qu’ils sont venus chercher.

Avec ce genre de contexte, une sorte de faux face-à-face s’installe sans qu'il soit vu du premier coup et j’apprécie particulièrement ce genre de surprise, sans compter que le long-métrage est une première dans l’histoire du cinéma pour sa mise en scène prodigieuse, on découvre une caméra qui traverse les murs et qui passe d'un étage à l’autre, ce qui nous fait submerger dans une ambiance encore plus prenante et absorbante qu’elle en parait, avec des plans spectaculaires et géométriques à nous surprendre à tous les coups, tout en dégageant une atmosphère assez énigmatique et indescriptible. Bref ! Contrairement à pas mal de monde ! J’ai bien pris goût à ce film au suspense bien maîtrise, même si le scénario est classique et pourvu de quelques d’imprévisibilités. C’est un Fincher mineur, pas aussi remarquable que Seven mais bien foutu dans l’ensemble, avec quelques partitions musicales accompagnant bien les scènes les plus mouvementées, une grande maison offrant un large choix de possibilités de tournures scénaristiques, sans que cela soit malencontreusement exploité au maximum, ainsi que mal de rebondissements et une photographie d’une grande splendeur artistique. 8/10

  • Sortez de ma maison ! Putain !
  • Non Maman ! Il faut le dire avant maison !
  • Sortez de ma putain de maison !
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