Coucou, je suis une merveille visuelle!

Avis sur Paprika

Avatar Victor Rosso
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Paprika, tout le monde m’en parlais, et j’avais jamais pris le temps de le voir. J’ai rattrapé cette erreur monumentale cette semaine, et le moins qu’on puisse dire c’est que j’ai été agréablement surpris.
Dans un futur proche, deux chercheur, Atsuko Chiba et Tokita Kosaku, ont inventé un appareil nommé la DC Mini, sorte de casque permettant de prendre corps dans les rêves des patients, et ainsi sonder leur inconscient afin de comprendre leurs traumatismes. Utilisé dans un but médical, la DC Mini, pour fonctionner, impose que le patient et le thérapeute soient endormis. Très vite, on rencontre les nombreux personnages: Atsuko, une jeune femme réservée, à l'aspect visuel très carré, qui se matérialise dans les rêves sous la forme de Paprika, son alter ego. Tokita, un homme obèse, véritable génie scientifique resté très puéril. Shima, un vieil homme bienveillant, qui travaille au coté des deux premiers, et Konakawa, le patient de Paprika, un policier hanté par son enquête.
Konakawa, de part ses liens avec Shima, demande alors l'aide de Paprika, et accède a ses rêves via le site internet de cette dernière. Mais comme tout ne va jamais bien, trois DC Mini sont volées. Et entre de mauvaises mains, l'utilisation d'une machine permettant de s'introduire dans les rêves serait catastrophiques. Et la tension grandit lorsque Shima est pris d'une crise de folie et manque de se tuer, et qu'Atsuko fait de même, le rêve s'étant matérialisé sans même qu'elle soit endormie. On assiste alors au développement de deux histoires parallèles, celle de Konakawa, et celle d'Atsuko qui tente de retrouver les appareils.

Il y a tellement de séquences marquantes dans Paprika. Tout est dessiné avec une justesse hallucinante, tout fait sens, et le monde onirique est superbement dépeint. Si la structure est difficilement compréhensible dans le 1/3 du film, la faute à la thématique des rêves (l’immatériel, il n’y a rien de plus compliqué à traiter) et le fait que les limites du rêve ne soient pas clairement défini, le reste est brillant. Les personnages sont supers bien écrits et tous très attachants, la bande son hypnotique ou encore le rythme du film, alternant avec justesse les moments calmes et les trips visuels. La liberté prise au niveau de la représentation des rêves est totale, permettant toutes les audaces et le délires possibles. Jungle, cirques, jouets, frigos vivants, poupées angoissantes, on a l'impression d'assister à un énorme fourre tout, mais un fourre tout très contrôlé. Chaque petit élément transmet une force symbolique assez dingue (les femmes aux têtes d’appareils photo courtisés par des hommes aux visages de téléphones, par exemple).

Paprika est un film qui fait réfléchir a chaque instant, jusqu’à en avoir le tournis. On trouve des réflexions sur l’intrusion de la science dans l’esprit, le rôle d’internet, la culpabilité, une éloge du cinéma, une critique de la société de consommation…. Bref, ce film donne la migraine quand on se met à réfléchir sur ce qu’il aborde, et c’est pour ça qu’il est génial.

Mais il y a une scène qui à mon sens surpasse toute les autres, vers la fin du film. Celle ou Osanai a fixé Paprika sur une table, comme un papillon, et qu’il lui révèle son amour avec un regard sadique empreint de folie. Il plonge alors la main entre les cuisses de Paprika, et remonte vers sa tête, alors qu’elle hurle de douleur. D’un coup sec, Osanai arrache la peau de Paprika, pour révéler, à l’intérieur, le corps de son alter ego, Atsuko. Elle est nue et endormie. Une scène forte de sens, qui renvoie à toutes les personnalités que chacun crée pour donner une certaine image de lui même aux autres. Une image qui n’est souvent cassé que par les personnes qui nous aiment et nous connaissent profondément, ou, dans le cas d’Osanai, brisée de force par un tortionnaire. Cette scène m’a convaincue, à elle seule, que Paprika était un très, très grand film.

Donc pour tous ceux qui ne l’ont pas encore vu, faites comme moi et rattrapez ce retard.

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