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Cauchemardesque dans un thriller aux accents Lynchéens!

Avis sur Paranoïa

Avatar Theo Metais
Critique publiée par le

Vanité, gadget promotionnel ou réelle curiosité expérimentale? Puisqu’il faudra le dire, débarrassons-nous en d’emblée: “Unsane” est un film tourné à l’iPhone.

D’autres réalisateurs avant-lui, Sean Baker par exemple avec son très beau “Tangerine”. L’appareil devient parent d’une esthétique brutale et le porte drapeau d’un genre labellisé indépendant. L’approche artistique peut être discutable mais elle donne à l’intrigue de Soderbergh une profonde dimension immersive, le regard d’un voyeur.

Basé sur un scénario écrit par Jonathan Bernstein et James Greer, l’histoire raconte le cauchemar éveillé de Sawyer Valentini (Claire Foy). C’est une énigme, un labyrinthe psychotique qui s’ouvre en Pennsylvanie. Elle vient de s’y installer après avoir quitté la bourgade maternelle de Boston. Un brin paranoïaque et dépressive, son cas n’est pourtant pas clinique. A demi mot, elle avouera avoir pensé au suicide. La belle affaire. Pourquoi alors voler au dessus d’un nid de coucou? Une brume mystérieuse englobe les raisons de son départ. Mais après une rencontre nocturne, elle ira purger le venin de ses peurs au Highland Creek Behavioral Center. Elle signe la paperasse, cela devait être un check-up de routine, une bagatelle, mais il semble que le séjour se prolonge…

Réalité ou rêveries paranoïaques, voilà l'imperceptible mystère qui hante le nouveau film de Soderbergh. Jusque dans ces derniers instants “Unsane” nous compte un interminable cauchemar en psychiatrie. Sawyer s’est persuadée que celui auquel elle tente d’échapper depuis la Pennsylvanie travaille dorénavant comme infirmier dans l’établissement. Car oui, c’est lui le venin; un détraqué fanatique à l’amour gluant (Joshua Leonard). Mais alors qui croire? Sawyer Valentini sous médicaments, sa mère, la police, la bonne foi des services de santé ou un désaxé en blouse blanche…

Soderbergh électrochoque tout sentiment rationnel. L'incarcération provoque un je-ne-sais-quoi de voyeurisme obscène, et chose sublime, il nous semble reconnaitre du David Lynch. Une teinte, une pièce, son agencement, un angle de caméra! Mais oui mais c’est bien sûr, un autre film lui aussi sur les peurs et leurs pendants cauchemardesques: Blue Velvet! D’ailleurs, l’opening et le closing sont étonnamment similaires. Plus énigmatique que jamais, Steven Soderbergh complexifie son cinéma et laisse le sentiment étrange d’avoir été ensorcelé… Il faudra le vivre pour le croire.

(Berlinale 2018 - 20 Février 2018)

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