Halluciné, Steven rate une marche

Avis sur Paranoïa

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Soderbergh déjà montré il sait construire des thrillers psychologiques crédibles, au personnage bien écrit et à l'intrigue cohérente. Comme il l'avait déjà fait pour Effets secondaires, son film comporte un propos politique notamment sur le système de santé américain, les assurances privées et le profit.

Le film suit Sawyer, persuade d’être harcelée, et arrive à instaurer dans sa première partie une ambiance anxiogène et oppressante grâce au huis-clos de l’institut psychiatrique et à une réalisation maîtrisée. En effet, si la réalisation à l’iPhone 7 relève plus de l’exercice de style, Soderbergh l’utilise efficacement pour créer des cadrages et des compostions déformées et une photographie jaunâtre terne qui renforcent le sentiment de voyeurisme et de l’invasion de la vie privée et mentale de la jeune femme. La réussit vient également de l’excellente prestation pétrie de doute et d’angoisses de Claire Foy.

Malheureusement le film effectue un virage en épingle un peu trop fort sur sa seconde partie, faisant voler en éclat tout le mystère et la torpeur malaisante et psychotrope instaurée jusque-là. Soderbergh repasse alors au thriller plus classique, accumule au passage quelques incohérences dans ses excès de vitesse et de spectaculaire. Car une fois établi que la jeune femme ne rêvait pas, l’attitude du personnel soignant au global, son internement forcé, ses compagnons de cellule…tout ça parait alors peu crédible. Le film se conclut sur une légère déception, avec un esprit désembrumé mais désenchanté.

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