Personne n’est intouchable

Avis sur Parasite

Avatar Empereur  Palpoutine Jr.
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Bien des gens vous le diraient, l’argent ne fait pas le bonheur. A cela, je réponds, elle y contribue, et permet de faire un tas de choses, de belles choses mêmes.

Okja m’avait laissé un goût amer dans la bouche. La super production Netflix a eu du mal à me faire avaler la pilule. J’ai trouvé ça vraiment mal venu de Netflix, de dire au peuple ce qu’il faut manger ou pas. D’accord pour aborder le sujet de la maltraitance animale, mais non, ce n’est pas à une société ultra capitaliste de dire ce que l’on doit faire ou non. Le film aurait eu beaucoup plus d’impact en venant du cinéma indépendant.

Toujours tourné vers l’humanisme et l’humanité, le Transperceneige m’a beaucoup plus marqué, avec ses scènes épiques. Mais aussi et surtout Ed Harris dans le rôle de Wilford, qui transperçait l’écran littéralement.

S’il faut dire une chose, c’est que le cinéma Sud Corréen a toujours été parmi l’un des meilleurs au monde. Bong Joon-ho le prouve de façon flagrante, en livrant un chef d’œuvre au sommet de son art. C’est un peu comme un bon morceau de rock n’roll Japonais, qui s’écoute sans fin.

Sur le fond, Parasite me fait penser à Intouchables, par son humour, qui m’a fait mourir de rire pendant une bonne heure. Le tout semble être mélangé à du Tarantino, pour des situations burlesques toutes les plus folles les unes que les autres.

Le scénario est parfaitement millimétré, dirigé d’une main de maître par le virtuose Bong Joon-ho. On ne s’ennuie pas une seule seconde. Les rebondissements sont nombreux, les personnages tous plus attachants les uns que les autres.

Les acteurs et actrices jouent merveilleusement bien leur rôle. J’ai eu un gros faible pour la belle Cho Yeo-Jeong, qui en plus d’être jolie, incarne son personnage à la perfection. Je suis plus réservé sur Lee Sun-Kyun. Il joue très bien, le problème n’est pas là.

Le souci, c’est qu’au final, on ne sait pas grand-chose sur le mystérieux Monsieur Park. Il reste pourtant le patron de la maison.

Sur la forme, c’est parfaitement filmé. Chaque plan est encore plus magnifique que le précédent. Le film est superbement coloré, c’est un vrai régal pour la rétine. Parasite est une forme de huit clos, tourné principalement dans une magnifique demeure.

Bong Joon-ho dépeint la misère, et la société Sud-Coréenne avec une précision à faire froid dans le dos. Le réalisateur prend soin de ne pas se placer d’un côté ou de l’autre, évitant ainsi un scénario manichéen. Son message est très clair : Tu es le seul responsable de ta situation financière.

Le synopsis est simple, et terriblement efficace. Vivant dans la pauvreté, une famille se fait embaucher chez les riches. Dès lors, une série d’engrenages vont s’enchainer.
La bande son est digne des meilleurs films Sud-Coréens. La musique classique est magnifique à écouter, et laisse une belle place au piano.

A l’heure de la domination mondiale de Disney et Marvel, Parasite nous prouve que le cinéma indépendant n’est pas mort. Il a encore de belles pépites à nous sortir. Le cinéma industriel, quant à lui, n’a jamais été aussi vivant.
Cette palme d’Or sera largement méritée, Parasite étant un chef d’œuvre d’humour noir. Reste à savoir si Bong Joon-ho fera mieux par la suite, ce qui semble très difficile.

Comme le dirait un certain James Cameron dans Titanic, riches ou pauvres, au final, nous sommes tous égaux face à la mort, et personne n’est intouchable.

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