Deux heures, une semaine et l’éternité

Avis sur Paterson

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L'histoire d'un type qui conduit des bus et écrit des poèmes. Non, il ne se passe pas grand-chose de plus. Disons-le d'emblée, voici un film qui ne plaira pas à tous. Car pour entrer dans l'univers de Jarmusch, il faut accepter de ralentir, de regarder, de contempler, d'écouter et de se laisser porter. Il s'agit ici d'un film sur la poésie ou peut-être sur le processus créatif (ce n'est pas le cahier de poèmes qui compte mais la manière dont il a été complété ou l’œuvre n'est pas dans le résultat mais dans la démarche). Tout est dans cette ambiance à la fois banale et étrange et dans le regard bienveillant que porte Jarmusch sur ses contemporains. Dans son monde, les opposés se rencontrent, acceptent de faire un pas vers l'autre et échangent dans la simplicité du quotidien. Dans son monde, il y a aussi le temps qui passe et que l'on prend le temps de regarder passer. Only Lovers Left Alive questionnait l'éternité. Ghost Dog ralentissait le tempo du combat. Dead Man vivait au rythme des poèmes de William Blake. Night on Earth au contraire s'enfiévrait en une nuit sous le déluge verbal de Roberto Benigni. Les jours s’égrènent ici dans l'attente d'un événement et plus le quotidien est routinier plus le micro-événement prend de l'importance … en clair, plus on zoom, plus les choses grossissent et plus on ralentit le temps, plus l’événement se fait majeur. Et bien sûr, on retrouve tout le talent de Jarmusch pour la composition de plans d'une précision exemplaire. Un film qui ne plaira donc pas à tous, moins percutant que le précédent de Jarmusch mais qui fait un bien fou !

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