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J'irai droit au but :
Spielberg livre avec "Pentagon Papers" l'une de ses plus oeuvres les plus fines en terme d'écriture.

Tout d'abord entendons-nous bien : quand je parle ici d'écriture je ne parle pas des dialogues, qui bien qu'à propos dans leur ensemble, tombent souvent dans ce que j'ai coutume d'appeler le "bavardage".
(Notons, à la décharge du film, que cette mauvaise manie semble propre au genre, et que l'avènement d'un certain Aaron Sorkin à Hollywood a sensiblement aggravé la tendance.)
Non donc, je parle plutôt de la justesse avec laquelle le film développe les thèmes qui sous-tendent son premier niveau de lecture (l'histoire quoi !).
En l'occurrence, la connivence entre médias et pouvoir d'une part et surtout la place des femmes dans la société américaine d'autre part.
C'est essentiellement dans le traitement de ce dernier point, qui est à mon sens le propos majeur du film, que je situe sa plus grande réussite.

En effet, à l'heure où la question du statut de la femme est omniprésente, si bien que la totalité des médias qu'ils soient artistiques ou purement informatifs s'en emparent quotidiennement, "Pentagon Papers" parvient à se sortir de cet âcre bouillon de bienpensance inepte pour faire surgir une sorte d'évidence que je vais tenter de formuler comme ça me vient :
Les hommes et les femmes mènent une même guerre dans le bourbier de la vie, avec le même potentiel à accomplir de grandes choses, le même risque de céder au cynisme et la même facilité à sombrer dans l'inertie.
Face à ladite évidence, les dérives du féminisme et la stupidité du vieux mythe patriarcale sont réduits au même rang : celui de la bêtise humaine.
Pour simplifier, quand je sors de ce film, je me demande sérieusement comment tant de gens peuvent encore envisager la question de l'égalité homme/femme comme une lutte entre les hommes et les femmes...

En outre, comment évoquer cette justesse de ton sans saluer, avec presque un peu de lassitude face à la multi-récidive, les performances de Meryl Streep et de Tom Hanks.
Le rythme est parfait, l'intériorité juste bien dosée, les conflits portés sans répit et à aucun moment ils ne perdent ce satané fil qui fait qu'on ne doute jamais de connaître personnellement ce type et cette femme-là.

Enfin, faut-il une fois encore parler de la science du cadre ébouriffante du vieux Steven, les plans sont au service des acteurs, et donc de ce qu'ils sont venus nous raconter et la caméra bouge sans cesse sans qu'on ne s'en rende jamais compte à moins d'être venu prendre un cour de réalisation.

Au final, passé le bémol (important tout de même) évoqué plus haut concernant les dialogues, mes réticences se limitent aux 17 premières minutes du film, qui correspondent à la mise en place précédant le déclenchement des "hostilités journalistiques" dirais-je, et qui ont bien du mal à surpasser leur fonction didactique.

Bref, une fois de plus et pas des moindres : Merci Monsieur Spielberg !

Aphasic
8
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