Mères Australiennes

Avis sur Perfect Mothers

Avatar Clément en Marinière
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Commençons par le commencement, et évacuons les vilaines idées reçues: ceci n'est pas un film sur les cougars, les MILF, et autres variations contemporaines sur les vieux cons (notez le fantastique jeu de mot). Pour mieux comprendre ce qu'est Perfect Mothers, il faut revenir un peu à sa nature, celle d'adaptation. Celle de baptême du feu même, car Perfect Mothers n'est pas seulement le premier film en anglais d'Anne Fontaine, c'est aussi et surtout la première adaptation de l'oeuvre de la doyenne des Prix Nobel, Doris Lessing.

Une adaptation par la petite porte d'un de ses romans les plus récents, "Les Grand-Mères"; deux femmes à la relation fusionnelle qui s'abandonnent a la passion en s'échangeant leurs fils. Pas vraiment d'inceste, mais c'est tout comme, puisque les deux familles sont indissociables, forgées dans le même moule. Le film s'ouvre d'ailleurs sur les héroïnes, encore enfants; puis sur un deuil vécu en commun; puis, par le même procédé d'ellipse, sur leurs fils, devenus adultes eux aussi. Symboliquement, les années ont passé, mais les quatre membres de cette famille de fortune ne se sont pas séparés, cloîtrés dans deux somptueuses baraques sur le rivage, identiques ou presque, elles aussi.

La suite est évidemment prévisible, et l'inévitable descente charnelle provoque les rires nerveux attendus, Christopher Hampton, toujours aussi taquin, jouant de l'humour grinçant dans quelques périlleuses séquences de comédie noire - avec succès. Et peu à peu, Perfect Mothers prend la forme composite, hybride et monstrueuse du cinéma d'Anne Fontaine, sans ton véritablement défini, entre le rire et le tragique, l'intime absolu de la première moitié, et l'ouverture au monde de la seconde. Le mécanisme atteint évidemment son point de rupture dans un final relativement bâclé, qui confirme la difficulté qu'a la réalisatrice française à instaurer la tension, et plus encore à percer la bulle de ce qu'elle a créé. Mais il reste les souvenirs, à l'image de cette dernière image (flash back ou flash forward, peu importe), deux actrices à la complicité évidente, de l'amour, des plages, et la marque des petits grands films: on aimerait s'y installer et y vivre.

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