De l'importance de faire le clown

Avis sur Pierre Richard, le discret

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Je n'ai jamais été très sensible au « style » Pierre Richard, presque raison de plus pour regarder ce documentaire lui étant consacré. Ba oui, j'ai beau ne pas être fan, il est toujours intéressant d'essayer de comprendre le succès d'un artiste, l'occasion, également, de voir des analyses auxquelles on n'aurait pas pensé : comme quoi, ce n'est vraiment si simple de faire l'idiot et de tomber par terre à tout bout de champ ! Et de ce point de vue, c'est plutôt réussi. Les intervenants sont bien choisis, pertinents, élogieux sans en faire trop (beaucoup de critiques de cinéma), les extraits de comédies étant finalement assez rares pour privilégier les images d'archives et les témoignages d'époque, notamment de Richard lui-même.

Si on parle (évidemment) pas mal de l'acteur, on parle aussi beaucoup du réalisateur qui, certes, n'a fait que trois films (enfin, six, mais surtout trois lors de sa grande période), mais a su capter l'air de cette époque en abordant des sujets bien précis (la télé-poubelle, les fabricants d'armes...), signe d'une certaine conscience « politique » du bonhomme. Le fait qu'il ait consacré sa vie à jouer les français moyens alors qu'il vient de la bourgeoisie (qu'il n'épargne pas toujours, loin de là), est une piste également intéressante quant à cette volonté « d'émancipation ». Un regret, toutefois : c'est bien de nous dire que l'ami Pierre faisait des films engagés, seulement, nos experts ont beau être enthousiastes, ils n'expliquent jamais pourquoi ils sont si bons : or, j'ai vu « Les Malheurs d'Alfred » et je ne suis pas loin de l'avoir trouvé nul, du coup ça limite un peu le propos...

Dommage, aussi, qu'on reste formellement dans une logique très classique, alternant analyses et images d'époque, même s'il n'est pas évident de faire autrement, je suis bien d'accord. Mais il y a une très belle idée : faire intervenir, peu de temps mais régulièrement, Pierre Richard lui-même dans un « rôle » entièrement muet, apportant une vraie sensibilité et en disant long sur l'humilité du bonhomme, à l'image d'une émouvante conclusion, hommage vibrant aux icônes cinématographiques du « distrait ». Sans doute un peu court (format de 52 minutes oblige), mais instructif.

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