Le titre ne mentait pas, aussi déjanté

Avis sur Pierrot le Fou

Avatar Cxodael
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Eh bah ! Comme j'en avais entendu pas mal parler ces derniers jours et aujourd'hui encore plus, sur un coup de tête, j'ai décidé de lancer ce Godard. Et quel film ! Je ne m'attendais absolument pas à être aussi subjugué en lançant le film. En plus, les premières images du film présentent une Anna Karina ô combien magnifique que Godard ne cessera de sublimer. Cette même Anna Karina qui ne cessera également d'être de plus en plus dangereuse, à l'image de sa relation avec Belmondo.

Ce qui frappe d'abord, ce sont les conversations propres à l'auteur concernant le tout et le rien. Des conversations sans fil précis. Et c'est pourtant captivant. Tout ceci enjolivé par une des plus belles photographies surréalistes que j'ai vues. On suit des discussions tout le long d'une sorte de road trip aux images très colorées. Godard fait aussi la part belle aux musiques qui ont une place très importante dans le film, avec parfois des chansons chantées par les personnages eux-mêmes.

Plus on avance dans le film, et plus c'est incroyable. On a cette conversation complètement surréaliste : "Vous vous souvenez hier ? Vous m'avez volé 100 000 dollars. Vous avez couché avec ma femme. - Oui. - Ça va ? - Ça va. - Bien, ciao.". Comment est-ce possible ? Il ne faut même pas chercher à comprendre, l'univers est à l'image du titre du film : fou. On a aussi des passages qui brisent le quatrième mur comme il le faisait déjà dans À bout de souffle, ce qui ne choque aucun des autres personnages qui sont conscients du procédé. Et c'est super de voir Belmondo et Karina vivre pleinement le carpe diem. Ils roulent sans réel but, et s'arrêtent quand bon leur chante jusqu'à ce qu'ils s'en lassent.

La Nouvelle Vague se fait pleinement ressentir dans pas mal de procédés étonnants : le playback du film régulier, pour revenir quelques secondes en arrière d'un plan différent. Ou les personnages qui content le récit en complétant chacun la phrase de l'autre. L'auteur montre aussi tous ses talents à la caméra en filmant de longs plans-séquences pour le plaisir de nos yeux. Délicieux aussi de voir Godard se moquer de l'ethnocentrisme des américains.

Le cinéma de Godard me passionne de plus en plus. L'homologue français du moderne Mallick. Ou plutôt le contraire évidemment. C'est un cinéma expérimental qui me plaît en tout cas énormément. Pierrot le Fou, ce n'est pas un film qui se regarde. C'est un film qui se vit.

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