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Pilules bleues par Adrien Boussard

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Pilules bleues, la BD intimiste de Frédéric Peeters, adaptée en téléfilm par Arte ?

Ayant lu cette magnifique BD il y a une dizaine d'années, je me suis retrouvé ce soir par hasard devant ce téléfilm et je ne regrette pas d'être resté devant mon écran.

Le sujet est simple : JB va tomber amoureux d'une femme séropositive, Laura, qui a un gamin de 6 ans, Oscar, séropositif aussi : forcément votre vision de la vie de couple et votre avenir est un peu chamboulée.
Le film aborde toutes les questions quotidienne de la vie avec une personne contaminée par le virus du Sida : le sexe avec capote obligatoire, les angoisses quand, une fois, le préservatif craque, la prise quotidienne de la trithérapie Oscar, être un mort en sursis...
Toutes ces questions sont abordées de manière très intelligente et très juste par le réalisateur qui nous livre une adaptation très fidèle de la BD autobiographique de Frédéric Peeters. Les acteurs sont au top, Guillaume Gouix (le serial killer dans la série Les Revenants) est juste parfait dans le rôle de JB : à travers lui, le spectateur appréhende toutes les questions relatives à la vie de couple lorsque le partenaire a le Sida. Le personnage de Laura est également elle aussi excellente dans son rôle de femme qui profite de la vie au maximum (même si elle a ses moments de faiblesse).
Mais c'est, à mon sens, Oscar qui apporte une grande force au film. Cet enfant séropositif dégage quelque chose d'incroyablement mélancolique et innocent à travers ce film. Sa relation à la maladie est tellement étrange qu'il est difficile de cerner son personnage. Il donne l'impression d'en être complètement détaché de par son jeune âge et parfois tellement résigné. Oscar : "Je suis pas comme les autres enfants, j'ai une maladie à vie".
Mais le film apporte son lot d'heureux événements : avoir un enfant avec une femme séropositive est tout à fait possible. La paternité de JB est bien mise en avant et on a beaucoup d'empathie pour le personnage.
Le téléfilm montre que cette terrible maladie n'est pas une fatalité et que tout est possible.

Les lecteurs de la BD apprécieront les quelques superbes planches de Peeters qui ont été animées de façon très intelligente dans le film. Un bel hommage à l'auteur. La bande son de Laurent Garnier et Stéphane Dri (Scan X) surfe sur le trip-hop electro bien planant et donne une ambiance très atmosphérique au film.
Et puis la séquence de fin est complétement inédite par rapport à la BD (éditée en 2001) et apporte une vraie plus-value. L'ellipse temporelle nous amène plusieurs années plus tard avec un Oscar adolescent. Je n'en dis pas plus afin de vous réserver la surprise.

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