Aussi génial que déplaisant...

Avis sur Plaire, aimer et courir vite

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Ouvrant presque la cérémonie du festival de Cannes et faisant suite à son prédécesseur de l’édition de l’année dernière: 120 BPM. Christophe Honoré, a la délicate mission de défendre son film estampillé d’office « gay », devant la croisette, un enjeu aussi délicat presque d’équilibriste, quand on connait le succès qu’a pu remporter l’année dernière 120 BPM.
Si le film de Campillo, narrait plutôt l’histoire d’une communauté luttant contre le fléau du SIDA, celui Christophe Honoré s’intéresse à la romance contrariée entre Jacques, illustre écrivain habitant sur Paris, la quarantaine bien établie, et Louis, jeune étudiant Rennais, Bi, aimant la littérature, encore les femmes, mais plus pour très longtemps. 


Si leur rencontre est portée par une mise en scène parfois astucieuse (la fausse rencontre après le cinéma des deux personnages façon Léo Carax où l'on découvre que Jacques est malade, la scène du bain etc.) elle se transforme en une quasi-obsession du réalisateur à rendre son film intelligent, beau et tragique, comme les affres de son sujet, le SIDA, mais aussi léger qu’une plume, scène suivante. L’organisation et le découpage systématique des scènes, s’enchainant comme autant de poids et mesures, finit par plomber le récit sans réel parti-pris scénaristique ou cinématographique. Reste des scènes d’une justesse incroyable, vive comme l’éclair, où Jacques bondi dans la voiture de son ami âgé Daniel, pour rejoindre son amant « demi-sel » avant de rebrousser chemin, à l’écoute du déchirant morceau de Barbara.

Néanmoins, tout en respectant la promesse du titre du film « Plaire, Aimer et courir vite… » (qui initialement devait s’appeler : « Plaire aimer et Baiser Vite… » titre probablement avorté par un concept marketing plus racoleur) réussit pleinement sa mission grâce des rôles secondaires mais néanmoins intéressant, ceux de son fils Loulou, jeune garçon spectacteur, tourmenté par la tournure des événements, et Daniel, parfait dans son rôle de quinqua délaissé et abonné à la vieillesse. Alors il finit, par l’interprétation très juste de ses protagonistes, de convaincre en partie.

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  • Films
    Affiche La Caméra de Claire

    vus en 2018

    Avec : La Caméra de Claire, Eva, Les Garçons sauvages, The Disaster Artist,

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