Une seule jambe les tua tous.

Avis sur Planète Terreur

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Bien qu'ayant déjà rendu le plus bel hommage qui soit aux productions Grindhouse avec son cultissime "From dusk till dawn", Robert Rodriguez remet le couvert avec son pote Tarantino en 2007 pour les besoins d'un film omnibus comprenant deux films d'à peu près une heure et demie chacun entrecoupés de fausses bandes-annonces réalisées par des copains cinéastes. Ayant visiblement la mémoire courte et faisant comme si le double programme était un concept totalement inconnu des français, nos chers distributeurs ne trouvèrent rien de plus malin à faire que de séparer le film en deux, chaque segment sortant sur nos écrans à quelques mois d'intervalle, le "Death Proof" de Tarantino se payant même le luxe d'une présentation opportuniste au festival de Cannes dans un montage plus long de vingt bonnes minutes.

Si le doux paradoxe de voir un film estampillé Grindhouse budgétisé à plusieurs millions de dollars et rempli de CGI fera ricaner les puristes, et si l'on navigue d'avantage dans les eaux de la parodie que de l'hommage pur et dur, il faut bien reconnaître que "Planète terreur" réussi haut la main son pari et s'avère un terrain de jeu idéal pour Rodriguez, transcendant miraculeusement la fainéantise du cinéaste mexicain, au contraire d'un "Machette" de triste mémoire dont le faux trailer hilarant ouvre le bal, morceaux de bravoure orgasmique qui aurait gagné à en rester là.

S'éclatant visiblement comme un fou, Rodriguez part dans tous les sens et c'est tant mieux, proposant des idées aussi connes que jouissives (la jambe-mitraillette) et donnant lieux à un spectacle dégueulasse et outrancier, délicieusement gore (merci encore à KNB) et franchement à se pisser de rire (le coup de la mini-moto, un grand moment !), offrant aux spectateurs qui sauront apprécier le délire un shot de pure bouffonnerie et de cinéma déviant.

Au contraire de son pote Tarantino qui tente de son côté de déconstruire tant bien que mal le genre avec un "Death Proof" extrêmement bavard, Rodriguez reste à la surface des choses et se contente de triturer l'image et de reproduire les codes du cinéma Grindhouse sans jamais se poser de questions. Une approche peut-être superficielle mais modeste et qui a le mérite de fonctionner et de carburer à fond, bien aidée par un casting de malade, Rodriguez invitant potes et anciennes gloires à partager sa vision fun et régressive d'une cinéma bancal mais avant tout généreux.

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