Une suite qui va faire hurler

Avis sur Planète hurlante 2

Avatar Sébastien Decocq
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C’est en 1995 que sortait Planète Hurlante premier du nom. Adaptation d’une nouvelle du grand maître de la science-fiction, Phillip K. Dick (auteur de Blade Runner, Total Recall et Minority Report), scénarisée par Dan O’Bannon, grand nom du genre (en effet, on lui doit Alien, rien que ça !). Et ce avec bon nombre de libertés prises avec l’œuvre d’origine (des robots en guise d’antagonistes au lieu des Soviétiques, une planète inconnue appelée Sirius 6B à la place de la Lune…). Un film qui est plutôt passé inaperçu à cause de son manque d’envergure (un budget trop faible de 11 millions de dollars pour un sujet assez complexe) mais qui est resté dans les mémoires des plus assidus par le biais de l’univers qu’il proposait. Bref, un long-métrage qui se suffisait à lui-même et qui n’avait donc pas besoin d’une suite. Qui voit pourtant le jour, 14 ans plus tard, et qui débarque chez nous directement en vidéo. Ouch, mauvais signe…

Oui, mauvais signe, et cela se remarque dès la lecture du synopsis. Car pour ceux qui se rappellent du premier film, il était question d’un univers. D’une histoire travaillée de survie qui mettait de côté les séquences mettant en scène les Screamers (des robots conçus pour éliminer les menaces ennemies qui prennent finalement conscience et se retournent contre leurs concepteurs) au profit d’un héros assez bien écrit et une ambiance paranoïaque à la The Thing (sans pour autant atteindre le niveau de ce modèle). Là, rien de tout cela n’a été retenu, sauf les Screamers. Du coup, il n’est plus difficile de comprendre le manque de succès de cette série B. Le premier film avait des allures de véritable long-métrage de science-fiction. Cette suite, des airs de mauvais films d’horreur, qui reprend en moins bien la trame de son prédécesseur…

Pire, il se permet de reprendre la trame de bon nombre de divertissements du genre (en premier lieu Aliens) avec ce commando venu sur la planète Sirius 6B pour une mission de sauvetage et qui va être confronté à ces robots plus vicieux qu’il n’y parait au premier abord. Et, bien entendu, nous avons notre lot de clichés propres à ce genre (l’officier qui cache son jeu qui rime avec argent, l’homme de couleur qui fait parti des premières victimes, le vaisseau qui reste bloqué empêchant du coup nos héros de repartir…). Tout en passant par les conneries scénaristiques qui soient : un médecin de l’armée qui n’en est pas à sa première mission et qui s’effraie devant un corps en charpie, des répliques qui valent leur pesant de cacahuètes (si l’on est fan du côté nanar)…

Après, il faut reconnaître à cette suite de vouloir reprendre le pas du film précédent en voulant réinstaurer cette atmosphère de paranoïa. Mais l’ensemble est tellement mal fichu que, pas un seul instant, nous nous laissons prendre au jeu. Notamment à cause du scénario (prévisible au possible au point que l’on sait d’avance que les personnages à l’écran sont des Screamers ou non) et des comédiens qui manquent de crédibilité (ça aussi, c’était prévisible !). Un casting de branquignoles qui se vante d’avoir Lance Henriksen (une référence à Aliens ?) dans les comédiens principaux alors qu’il n’apparait que quelques minutes. Bon, tout ça pour dire que les essais d’établir une ambiance dans le film restent vains, tant le côté horror movie où ça tiraille à tout-va prend le pas sans difficulté.

Et qui dit série B dit petit budget ! Et finalement, pour ce genre de film, cela ne se voit pas tant que ça. D’accord, pour 2009, les effets numériques sont plutôt laids à regarder, se rapprochant des graphismes d’une PlayStation One. Mais il n’est pas honteux de voir ces décors qui oscillent entre les univers d’Alien (quand on vous dit que ce chef-d’œuvre est une référence !), pour l’intérieur du vaisseau et les couloirs des complexes, et de Pitch Black pour les paysages (sans en égaler la qualité visuelle). Au final, on se laisse aller à cette espèce de jeu vidéo, si l’on n’est pas difficile comme spectateur.

Mais cela n’enlève en rien le piteux résultat qu’offre cette suite inutile. Qu’il soit sorti directement en DVD n’est vraiment pas un hasard, et il serait véritablement masochiste de vouloir payer pour voir un tel film. Le premier opus avait ses défauts mais savait proposer quelque chose qui lui donne de l’intérêt. Là, c’est juste un téléfilm de science-fiction comme il en existe par milliers. Et qui ne démarque aucunement de ses semblables. La grosse erreur serait de faire comme la saga Starship Troopers et d’en livrer un 3. Espérons que cela n’aille pas jusque-là !

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