Max et compagnie. Ou le retour réussi de la comédie nostalgique.

Avis sur Play

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Voir sa vie défiler devant soi n’est jamais très bon signe.
Sauf pour Max (Max Boublil, typecasté) qui décide, à l’approche de la quarantaine, de monter le film de sa vie à l’aide d’un caméscope (N.d.A : ancêtre de la fonction vidéo de ton smartphone si tu as la chance d’être né après 2000) sur la base des rushs accumulés depuis ses 13 ans et l’époque des Crados (N.d.A : ancêtres des cartes Pokemon si tu as la malchance d’être né après 2000)
Entre tranches de vie émouvantes et humour qui fait mouche, Play livre une réflexion juste sur les Millenials et sur le temps qui passe…

Anthony Marciano est un jeune pédagogue hors pair.
Sa première leçon de cinéma fut un coup de maître. Les Gamins réunissait 1,6 million de spectateurs et devait propulser le nouveau Judd Apatow français au sommet de la sacro-sainte comédie française.
C’était compter sans sa deuxième leçon sous forme de guide cinématographique réunissant tout ce qu’il ne faut pas faire dans une comédie. Dans le très dispensable Robin des bois, la véritable histoire, Marciano volait effectivement aux riches (studios) pour donner aux pauvres (cinéphiles), et s’empêtrait dans des abysses malfamées où trône l’insurpassable Cinéman.

L’art de la pédagogie résidant dans la répétition, le dernier film du jeune réalisateur s’appuie sur toutes les grosses ficelles du genre et sur les ressorts dramatico-amoureux traditionnels qui font d’une histoire sans histoires… une comédie rafraichissante. Et ça marche du tonnerre.

Pétri de l’influence des Nuls et foisonnant de clins d’œil à destination des trentenaires, Play les ravira sans doute davantage que n’a essayé de le faire assez maladroitement Bis du pourtant excellentissime Dominique Farrugia.
Car le film a ses atouts. Il aborde par exemple avec tendresse cette « nostalgie du présent » et les vicissitudes adulescentes. Mais c’est aussi stylistiquement que le propos du film mérite d’être entendu. La caméra de Max/Marciano décortique intelligemment les événements marquants de la vie de Max tout comme ses fins moments d’introspection. Et file la parfaite métaphore d’une fin de parcours – aux sens propre et figuré – pour annoncer un dénouement hélas convenu mais non moins jubilatoire.

Fort d’un casting sans fausse note, avec un Alain Chabat aussi fugace qu’hilarant, cette comédie sans prétention constitue enfin le parfait véhicule pour une actrice déjà très grande, Alice Isaaz (Un moment d’égarement), qui apporte une fraicheur et une sensibilité inédites dans le cinéma français actuel. En cet automne sombre et tristounet, Play est donc tout indiqué. Car l’obscurité après Alice Isaaz, c’est encore de la lumière.

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