Dans le sillage d'Easy Rider...

Avis sur Point limite zéro

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Je suis venu à "Point Limite Zéro" ("Vanishing Point" en V. O.) probablement comme beaucoup ici : parce qu'un personnage dans "Boulevard de la mort" de Tarantino y fait explicitement allusion . Et je ne regrette pas le détour.

Il s'agit d'un road-movie, mais dont l'idée de départ (une course contre la montre) excluait que le principal protagoniste puisse faire des rencontres approfondies avec les personnages qu'il croise sur sa route : les rencontres sont donc plus superficielles que dans Easy Rider. C'est un film d'action, mais qui comporte également une assez grande part de contemplation : il s'adresse à ceux qui ne se lasse pas de voir de belles bagnoles dans de beaux paysages pour le seul plaisir cinématographique. Le public visé est donc assez cinéphile.

Il y a pas mal de points de contact avec "Easy Rider", sorti deux ans plus tôt : Kowalski, le héros, consomme de la drogue (du speed, pour tenir son horaire) et a des tendances autodestructrices assez marquées. En revanche la bande son est inférieure à celle d'"Easy Rider" : sans être déshonorante, elle ne comporte rien de mémorable. Par ailleurs "Point Limite zéro" est plus introspectif, les étapes suscitant souvent des flash-back sur la vie ratée du héros.

On critique le caractère assez plat des poursuites. Je les trouve au contraire très prenantes, car elles ont quelque chose d'authentique : ce ne sont pas des cascades invraisemblables comme on en voit dans le dernier "Indiana Jones", ce sont des prouesses de conduite à taille humaine, et le film n'en pâtit pas, au contraire. Le plus étonnant est la fin. Ce film ne se résume pas à une série de poursuites et de barrages forcés : un des thèmes est la création du mythe américain, et la manière dont il se retourne contre celui qui en est à l'origine. Kowalski veut simplement prouver qu'il peut rouler à tombeau ouvert pendant 15 heurs d'affilée, mais ses faits de conduite et l'attention d'un DJ de radio locale l'élèvent rapidement, bien malgré lui, au rang de héros américain défiant la police et combattant pour la liberté. Ce mythe créé en très peu de temps amène à un dénouement sombre, qui fait regretter le temps où Hollywood n'avait pas peur d'explorer ses propres failles autrement qu'en faisant dans le trashouille-vomi.

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